Les 4 conseils moisis que les gens en couple prodiguent aux femmes célibataires

 

C’est un grand mystère de la Vie, mais c’est ainsi : face aux femmes célibataires, la majorité des gens en couple sont atteints du syndrome du sauveur.

En gros, c’est : « Vous, vous ne savez pas comment on fait pour être casés. Nous, oui. La preuve : nous sommes en couple, alors que vous, vous êtes des femmes célibataires. Nous, nous avons réalisé un accomplissement que vous autres, vous ne parvenez pas à réaliser. Laissez-nous vous donner les bons tuyaux pour avoir un mec et le garder. Nous, gens en couple, avons toute la légitimité pour vous indiquer la marche à suivre.« 

Et voilà comment débarque le festival des conseils mi-moisis, mi-tordus !

Célibataire attirée

Conseil moisi n°1:  » Une femme peut réussir à changer un homme. »

Plus irresponsable comme conseil, tu meurs ! 

A noter que le « Mais si ! Une femme peut changer un homme, je t’assure ! », est généralement asséné à la célibataire, après que celle-ci ait rencontré un mec…et qu’ensuite, elle ait décrété que non, définitivement, ce n’est pas possible : elle ne peut pas sortir avec lui.

Ce n’est pas que le gars est un monstre ou qu’il est complètement infréquentable pour la gent féminine du monde entier : non, c’est juste que, chaque être humain est unique, avec ses propres hormones et son propre seuil de tolérance ou d’intolérance face à certains traits de caractère chez d’autres êtres humains…

Par exemple : le mec peut être cool et bien sympa…mais voilà : il y’a des trucs, en lui, que la demoiselle trouve rédhibitoire. Au final, elle préférera ne pas entamer de relation avec lui, parce qu’elle sait et qu’elle sent qu’il n’y a aucune chance que ça marche entre eux deux. Autant ne rien entamer du tout. Ainsi, personne ne perd son temps. 

Ce qui est sûr, c’est que son opposition n’est pas basée sur  un caprice. Elle a pris le temps de l’observation.

Mais allez donc expliquer cela aux auto-proclamées spécialistes en création de couple ! (oui : auto-proclamées au féminin, car dix fois sur dix, les seuls êtres humains persuadées qu’on peut changer un homme…sont les femmes. Curieusement, les hommes ne partagent pas ce point de vue…).

Débarquant avec leurs gros sabots, elles essaient de convaincre la célibataire que chaque homme repoussé était un mari potentiel que celle-ci a bêtement rejeté. Mais oui, quoi ! Z’êtes une femme célibataire ? Alpaguez le moindre mec qui passe et faîtes votre vie avec. Point barre ! 

Célibataire maladie

Vous expliquez que vous êtes une femme dynamique et ambitieuse, tandis  que ce garçon est plutôt du genre à se laisser porter là où le vent le mène ?

« Et alors ?, vous rétorquent-elles. Il est où, le problème ?! De ce mec, toute femme peut en faire quelqu’un d’ambitieux et d’énergique ! »

Vous êtes une jeune femme casanière ? Et lui, il ne vit que pour les virées nocturnes du vendredi soir et les réveils comateux du dimanche matin ?

« Rhoooo, y’a pas de quoi se prendre la tête ! Il est tout à fait possible de métamorphoser ce brave fêtard en Monsieur Sédentaire ! ».

 

Le mec a un style vestimentaire complètement farfelu au point que même un clown est un modèle de raffinement, en comparaison ? Eh bien, il n’attendait qu’une chose : qu’une demoiselle entre en fanfare dans sa vie pour lui apprendre les notions élémentaires de bon goût vestimentaire !! 

 

En fait, le problème avec les partisanes de la théorie  » Une femme peut changer un homme », c’est que de la même manière qu’un chrétien croit en Jésus, qu’un musulman croit en Mohammed, qu’un juif croit en Moïse, elles croient dur comme fer en la toute-puissance de la vulve !

 

Leur théorie repose sur les allégations suivantes : parce qu’on est une femme, on possède le pouvoir inné de transformer un homme, de le façonner selon son bon vouloir. Selon elles, être une femme, c’est avoir la capacité naturelle à faire des modifications sur n’importe quel homme, de la même façon qu’on démarrerait des travaux de rénovation dans une maison délabrée pour en faire une habitation qui correspondrait davantage à nos goûts.

Même pas la peine de chercher quelqu’un avec qui l’on serait compatible, hein : n’importe quel mec fera l’affaire ! 

 

Détail intéressant : quand bien même on serait tentée de croire les théoriciennes du pouvoir de la vulve, force est de constater qu’on est vite rattrapée par le doute, en observant simplement le propre couple de ces fameuses dames.

Eh oui, rappelez-vous toutes les fois où vous les avez entendu se plaindre de leurs hommes !

Avouez qu’une fois que l’on a constaté leurs insatisfactions envers certains comportements de leurs propres compagnons, difficile pour la célibataire de ne pas s’esclaffer en se demandant pourquoi ces prêtresses du pouvoir vulvesque n’arrivent-elles pas à faire changer leurs propres chéris ? 

Soyons sérieuses deux secondes ! Un couple doit être fondé sur deux principes immuables : l’égalité et le respect entre les deux partenaires.

A partir du moment où il y’en a un des deux qui se place dans une position de  » Je veux changer l’autre« , cela signifie clairement :

1 – Que cette personne-là a une piètre opinion de son/sa partenaire. 

2- Qu’elle part du principe que l’autre est quelqu’un de docile, influençable, voire facilement manipulable et qui lui doit soumission et obéissance.

3- Que la relation est construite sur une base hiérarchique : la personne, qui estime que l’autre doit changer, fait office de prof, de chef (voire de gourou); tandis que la personne, qui est supposée devoir changer, est reléguée au statut d’élève, d’apprenant (et même de disciple).

4- Vouloir que l’autre change, c’est envoyer très distinctement le message suivant : « Je ne t’aime pas tel que tu es. Je ne te trouve pas assez bien pour moi. Mais, si tu changes et que tu deviens ce que je veux que tu sois…alors, je pourrais t’aimer. » 

On parie combien sur la longévité et le taux de bonheur amoureux d’un tel couple ?

Célibataire épanouie

Conseil moisi n°2 : » La vie de couple, c’est pas facile ! C’est du travail ! « .

Euh…Certes, la vie à 2 n’est pas toujours de tout repos. Et nous sommes toutes et tous d’accord : au sein d’un couple, chacun doit faire des compromis, des concessions, et il faudra toujours veiller à ne pas prendre l’autre pour acquis, à faire attention à ne pas laisser s’éteindre la flamme, et patati, et patata.

Ceci dit… dès que l’on considère que  » ce n’est pas facile« ,  » que c’est un travail à plein-temps » – bref : à partir du moment où l’on se retrouve à déployer beaucoup d’efforts pour maintenir son couple en vie… qu’on a l’impression que son couple ressemble plus à une constante bataille qu’à un long fleuve tranquille n’est-on pas là en face d’indicateurs montrant qu’on n’est sans doute pas avec la bonne personne ?

Quand on est avec quelqu’un avec qui il y’a une compatibilité, certainement que le couple qu’on forme avec cette personne ne devrait pas exiger qu’on fournisse beaucoup de « travail » pour que ça colle, non ?

L’une des preuves les plus criantes que deux êtres sont faits l’un pour l’autre, n’est-ce pas justement quand tout est facile, simple, fluide, évident entre eux ?

 

Conseil moisi n°3 :  » Le physique, ça compte pas. Si le gars est gentil et a les qualités nécessaires pour faire un bon mari et un bon père de famille, fonce ! »

Mouais…

En réalité, revendiquer l’importance du physique, dans le choix d’un partenaire, ne signifie nullement que l’on soit tellement superficielle au point de diviser le monde masculin en deux catégories : les beaux et les moches. Ou qu’on ait l’esprit étriqué, avec des exigences physiques extrêmement précises et figées, du style : « Je ne sors qu’avec des mecs ayant des yeux de telle couleur, avec une fossette sur le menton, des cheveux comme ci, telle taille « , etc.

Non, c’est évidemment plus subtil que ça !

Ce dont on parle ici, c’est d’attirance physique, c’est du désir d’être avec quelqu’un que, soi-même, on trouve craquant (peu importe que d’autres soient de notre avis ou non).

L’attirance physique est une composante indispensable d’une relation amoureuse harmonieuse. C’est l’attirance physique qui fait la différence entre la relation amoureuse et la relation amicale, par exemple.

Et ce n’est pas un hasard si tant de couples se désagrègent, dès le moment où l’un des partenaires n’éprouve plus de désir sexuel pour l’autre.

 

Conseil moisi n°4 :  » Sors avec ce garçon. Il veut se marier. »

C’est ça, oui !

Comme si la volonté de se marier est un critère indispensable et suffisant pour se caser avec quelqu’un !

Comme si l’envie de mariage était une fondation solide pour garantir de la réussite d’une relation ! 

Et la compatibilité des caractères ?

Et l’entente ?

Et l’amour ?

On s’assoit dessus ??? On s’en fout ?!?!

Alors, c’est tout ?! On décide que la base d’une relation va reposer sur le désespoir, la précipitation et la pression sociale :  » Je suis célibataire et je meurs d’envie d’être en couple. Je veux construire, me marier. Et toi, t’es aussi célibataire. Comme tout le monde, tu rêves de vivre une relation stable et durable. Unissons nos célibats ! »

Et bien sûr, on va croiser les doigts et miser sur la chance, n’est-ce pas ? Et, tant qu’on y est, espérer que la peur de la solitude, associée au dégoût du célibat, suffira à souder cette relation bâtie sur des bases malsaines et des motivations peu glorieuses.

Pfff !!!!!
                        Ce texte vous a été concocté avec passion par Liberty Riveter.

PS :  Cet article, je l’ai écrit en 2012. A l’époque, j’étais en plein dans un célibat qui m épanouissait, tant les trop brèves idylles nouées entre 2005 et 2011 m’avaient laissé un goût de cendre dans la bouche. 2012 avait donc sonné lé début de 3 années où j’étais follement heureuse, follement épanouie et fortement soulagée d’être célibataire. J’étais devenue allergique à l’amour et aux relations de couple. Les hommes, pour moi, étaient devenus des adversaires. Pire : des créatures qui m’entraînaient constamment dans des chûtes douloureuses où je perdais ensuite toute estime de moi, tant au plan physique que moral.

Cette période de célibat, je la considère comme fondamentale dans la construction de ma personnalité d’adulte. Parce que c’est à cette période-là que j’ai découvert qui je suis réellement, ce que je veux pour ma vie et ce que je ne veux pas , à savoir me mettre en priorité, à défendre mon point de vue, à m’opposer ouvertement à certains types de personnes. Et c’est la raison pour laquelle publier ce texte-ci est très important à mes yeux, même 5 ans après.

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