Avec la sauce à part : la BD qui raconte ma vie au régime et mes problèmes de surpoids 

Des livres sur les régimes, les kilos en trop et la souffrance engendrée par un corps qu’on a du mal à apprivoiser/modifier/ contrôler/ aimer/ dominer/ métamorphoser/accepter (rayer la mention inutile), honnêtement, j’en ai lu des tonnes. Mais, rarement, sur la thématique « régime », il m’est arrivé de parcourir un livre en étant traversée, de bout en bout, par un sentiment de soulagement. Cette rassurance de savoir que quelqu’un d’autre avait vécu les mêmes difficultés que moi et que je ne suis donc pas une anomalie.

J’ai eu l’impression de voir, affichée sur du papier, ma vie de fille en surpoids.

*En effet, comme AstridM ( parce que bon, on devine que l’histoire est un tout petit peu autobiographique),je suis affublée d’un estomac qui a besoin d’engloutir d’énooooormes quantités de nourriture pour être satisfait…

En revanche, je n’ai pas toujours été grosse : enfant, tout allait bien, j’étais mince ! Les choses se sont gâtées à la pré-adolescence.

*Comme AstridM encore, j’ai suivi des milliers régimes – des plus extrêmes au plus farfelus, en passant par les plus modérés. Toujours sans succès. Toujours avec frustration. Toujours avec plus de kilos repris que perdus.

Résultat : j’ai basculé dans l’hyperphagie…76412703

Je vous rassure : depuis, allez 1 an, ça va un peu mieux ; j’ai toujours tendance à me resservir d’un plat ; je ne sais pas ce que c’est que de ne prendre qu’un yaourt ou une banane ou une part de gâteau : j’en prends forcément 4 …ou plus…J’ai toujours besoin de portions généreuses. Toutefois, c’est terminé l’époque où, quand je mangeais à ma pause-déjeuner, je faisais peur et déclenchais beaucoup de questions/réflexions.

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*Comme AstridM, j’ai baigné et je baigne encore dans un océan de proches minces qui ne sont jamais au régime et mangent tout ce qu’elles veulent sans sembler engranger le moindre kilo.

Mes sœurs et même ma mère, par exemple !

Pour avoir une idée de leur silhouette, ben, il faudrait me diviser par 2, voire 3.smileysighplz (1)

Ma petite sœur n’a pris que 6 kilos pendant sa grossesse et elle continuait à porter des minijupes et des petits shorts !

Moi ? Ben, je tuerais pour pouvoir m’habiller court ! Sérieux, l’un de mes plus grands rêves/objectifs dans la vie, c’est, un jour, de pouvoir porter des petits shorts, l’été !77769957_o

Et vous savez quoi ? je n’ai pas encore d’enfants, mais beaucoup ( famille, collègues, public) se permettent déjà de pronostiquer que le jour où je serai enceinte, je prendrai, je cite, « minimum 20 kilos » ( rapport au fait que je suis déjà grosse et que ça ne peut aller qu’en s’empirant, hein !) et il paraît aussi que ça sera mission impossible de ne pas finir déformée et encore plus grosse que je ne le suis aujourd’hui.

Ça me sidérera toujours, cette honteuse facilité dont font preuve certains pour commenter péjorativement et, sans la moindre pudeur, le corps « des grosses ».

Comme si, du moment où tu n’es pas mince, tu as perdu tout droit d’avoir ton intimité, ton corps et ta personne respectés.

Comme si c’était pas bien grave de blesser « la grosse » : après tout, « la grosse » n’avait qu’à être « normale », hein !

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Quand la régimeuse tombe bien bas

Être au régime, c’est vivre de petites et grandes humiliations, chemin faisant.

Vous savez, ces moments douloureux où l’estime de soi est tellement égratigné par notre comportement irrationnel, au point que l’on en vient à s’inquiéter pour sa propre santé mentale.

Là encore, Avec la sauce à part recense avec justesse ces passages délicats.

Comme, par exemple :

  • Tous ces moments où l’on s’abaisse à manger les miettes de pain sur la table. (Oui, oui ! Véridique !).

Parce qu’une tranche de pain, c’est des glucides, des calories et que, bah, dans un régime, justement, on les compte, les calories ; on surveille scrupuleusement les quantités de glucides et de lipides absorbés. Alors, vous comprenez, se resservir du pain = 1 écart ! D’où la dégustation des miettes…

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  • Tous ces moments où la Balance devient notre Cheffe et où nous, on est son esclave.

On est prête à tout pour que la petite aiguille penche à gauche : enlever sa paire de chaussettes avant de monter, se peser toute nue, aller faire pipi et caca avant, tout ceci dans le pathétique espoir de perdre quelques grammes avant que la Cheffe ne rende son verdict… lequel va déterminer l’humeur de notre journée et des jours suivants. Selon le côté d’où les aiguilles de la Cheffe vont balancer, on va se sentir soit belle, intelligente et sûre de soi, soit nulle, bête et laide.

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  • Tous ces moments où une force diabolique nous pousse à ouvrir le frigo- regarder toute la bouffe à l’intérieur-fermer le frigo-ouvrir le frigo-regarder toute la bouffe à l’intérieur – fermer le frigo-ouvrir le frigo-regarder toute la bouffe à l’intérieur – fermer le frigo.

Comme on n’a pas le droit de manger selon notre volonté et que, bah, forcément, on CREVE de faim, tourner autour du frigo pendant des heures et des heures, et dévorer des yeux tout les victuailles qui sont dedans, eh bien, c’est une façon de se rassasier avec les yeux.76413006

Tenez, juste pour la route, je vous livre une petite anecdote illustrant à quel point on est deux fois plus obsédée par la nourriture en période de régime qu’en période normale : je me souviens qu’à une période, je pensais tellement à la nourriture, j’étais tellement frustrée et j’avais si peur de faire des écarts au point que même dans mon sommeil, je ne décompressais pas !Zgoingnowhere

Je rêvais que j’engloutissais des flans, des éclairs, des pâtes à la sauce carbonara ou un bol de riz blanc (en lieu et place du riz complet ! Aïe aïe !!). Ensuite, je me réveillais en sursaut, complètement affolée, pétrifiée à l’idée d’avoir foutu mon régime en l’air. Vous n’imaginez pas le soulagement intense qui me remplissait lorsque je réalisais, une longue minute plus tard, que tout ça n’était qu’un cauchemar et que je n’avais rien mangé du tout !

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Une BD réaliste  et sincère :

« Avec la sauce à part » n’est pas un livre pour vous culpabiliser ni pour vous accompagner moralement sur le chemin du régime. C’est un livre qui vous raconte, avec justesse et pureté, le parcours d’une femme qui cherche simplement à maigrir pour se sentir mieux dans son corps et dans sa tête.hug

J’ai vraiment aimé le fait qu’à la fin du livre, on ne voit pas une Astrid mince, complètement métamorphosée et qui aurait, par conséquent, véhiculé un message du style : « J’ai réussi !Toi aussi, tu peux le faire si tu le veux vraiment ! » .

Au contraire, elle est physiquement identique à la première page du livre.

A travers ce parti pris, le livre gagne encore plus en authenticité et permet de s’identifier pleinement à l’héroïne. Cela nous rappelle nos propres mésaventures de régimeuses : à savoir qu’il est plus fréquent d’abandonner un régime que de le suivre sur la durée et qu’il est également rare de voir des régimeuses stabiliser leur poids et ne pas reprendre, sur le long-terme, les kilos perdus.

Pour ma part, je reprends généralement les kilos, pourtant durement perdus, au bout de seulement 3 mois…shakehead Voilà, voilà…

Sur ce, je m’en vais méditer une énième fois sur mon rapport à la nourriture, non sans vous recommander vivement de vous procurer « Avec la sauce à part » , une BD que vous dévorerez sans remords ni culpabilité !

Ce texte vous a été concocté avec passion par Liberty Riveter.

9 Commentaires

  1. J’ai dû essayer à peu près tous les régimes du monde de 15 à 30 ans – et ce, alors que je n’étais pas réellement grosse. Simplement, à la puberté, j’ai pris plein des formes pratiquement du jour au lendemain et durant mes deux dernières années de collège, j’ai subi des réflexions sur mon soi-disant poids en trop. Résultat, à 15 ans j’ai décidé de faire mon premier régime. Il m’a fallu 15 ans, une dépression à l’âge de 28 ans qui m’a fait prendre plus de 30 kilos et donc devenir réellement grosse, pour que je finisse par comprendre que les régimes ne servent à rien, sinon à se bousiller un peu plus le corps et l’esprit. C’est à ce moment-là que j’ai découvert la méthode du Dr Zermati, qui m’a permis de stabiliser mon poids pendant 3 ans, puis de commencer à perdre depuis l’année dernière. Je conseille son livre, « Maigrir sans régime » 🙂

    • Merci, Caro, pour ton commentaire et pour avoir partagé ton histoire 🙂

      J’ai déjà entendu beaucoup de bien du Dr Zermati ( notamment via les billets de Caroline de « Pensées by Caro »). Tu me donnes envie de franchir le pas et d’acheter son livre !

      • C’est aussi par Pensées by Caro que j’ai connu Zermarti 🙂

        Son livre a changé ma vision des choses concernant mon rapport à la nourriture. Il n’a pas tout réglé, hein, j’ai toujours tendance à gérer mes émotions avec les sucreries et j’ai encore un long travail sur moi-même à effectuer. Mais il m’a permet d’identifier les problèmes et de comprendre que les régimes n’étaient pas la solution 🙂

  2. Coucou, après ton passage et ton gentille commentaire sur mon blog, j’ai eu envie de découvrir ton univers, et je suis tombé sur ton article et je m’y retrouve tellement, l’obsession de la balance un calvaire, mon mari essayai de la cacher pour ne pas que je me pèse, mais je finissais toujours pas la retrouver, je passais mon temps à me pesé, et ça me détruisais chaque jours un peu plus.
    Les régimes je penses en avoir tenter un nombre inimaginable jusqu’à mettre ma santé en danger en effet j’ai suivi le secret du poids qui a fait fureur sur facebook notament, et un jour après un énième vertige, mon medecin m’a demandé combien de calories je prenais chaque jours, j’étais tellement obsédé par le fait de perdre que j’étais a 900 ou 1000 calories par jours sauf que mon corps a besoin du double pour fonctionner, j’étais simplement en train de me mettre en danger et là j’ai réalisé qu’il fallait arrêter toutes ces conneries et je n’ai plus jamais refais de régimes, j’essaye juste de pas grignoter entre les repas (difficile quand on est addict au chips ahahah) mais je tiens et je vois déjà quelques changement.
    Il est temps que l’on arrête cette obsession qui nous bouffe la vie de devoir être toujours plus mince le plus rapidement possible perdre du poids intelligemment prend du temps. En tous cas je te souhaite une bonne continuation. Bisous

    • Coucou Laulia ! 🙂

      Merci de ton passage et merci également d’avoir pris le temps de nous raconter ton expérience de régimeuse 🙂

      Moi aussi, j’ai fait des régimes idiots à base de 900 calorie par jour ( fût même une époque où j’étais extatique si je ne mangeais en tout et pour tout que 6 pommes comme repas de toute la journée. Super flippant, quand on y pense…

      Le grignotage n’est pas un problème pour moi. Mon problème, c’est que je ne sais pas manger en petites quantités : je suis capable de manger un paquet entier de 500 grammes de pâtes en un seul repas; j’hallucine toujours quand je vois, sur les paquets de pâtes ou de riz, qu’il est indiqué  » 100 grammes de pâtes/riz pour une seule personne ». Ou quand je vois des gens manger 2 pommes de terre est être repu.

      Oui, je nous souhaite d’en finir avec cette obsession de la minceur et de placer toute cette énergie dans des choses plus constructives comme essayer d’être pleinement heureuse et sereine 🙂
      Allez, on y croit !

      • « Perdre du poids intelligemment prend du temps » – je suis totalement d’accord avec Laulia !

        Liberty, je pense que tu as perdu tes sensations de satiété. J’avais le même souci, je ne savais plus reconnaître les signaux indiquant que je n’avais plus faim et je mangeais en plus grosses quantités que j’en avais besoin, pour d’autres raisons que la faim. C’est grâce à la méthode Zermati (je jure que je ne suis pas sponsorisée par le monsieur, hein ^^) que j’ai réappris à identifier ses sensations, ce qui m’a permis de redécouvrir que naturellement j’ai un petit appétit – j’avais oublié qu’enfant je mangeais très peu 🙂

        • « Liberty, je pense que tu as perdu tes sensations de satiété » —– j’avais jamais vu les choses sous cet angle…Mais, maintenant que tu le dis, c’est vrai que j’ai tendance à ne m’arrêter de manger que lorsque je me sens pleine…et quand j’essaie de diminuer les quantités de nourriture, j’angoisse à l’idée d’avoir faim peu de temps après…Du coup, je remange quelques plus tard, juste pour être sûre de ne pas être tenaillée par la faim plus tard.

          Bon, là, je remis ce que je viens d’écrire et je me dis qu’il faut que je teste la méthode Zermati, car les lignes ci-dessus me montrent vraiment à quel point je suis enfermée dans un cercle malsain :-/

          Merci encore pour la suggestion de livre, Caro 😀

  3. Coucou !
    Moi j’ai la chance d’avoir un rapport plutot sain à la nourriture malgré une éducation qui ne l’avait pas. Puis j’ai sûrement un assez bon métabolisme. Mais je m’interroge beaucoup sur les questions alimentaires (c’est mon cote anti capitaliste ). J’ai vu un reportage américain tres interessant, Fed up, dispo sur YouTube, qui déculpabilise et desindividualise le probleme de l’épidémie de surpoids. Car outre les adjuvants industriels pourris, le systeme économique nous conditionne des l’enfance à avoir des envies qui ne sont pas naturelles. Et il a tout intérêt à faire peser la culpabilité sur les personnes qui grossissent. Comme ça elles consomment des régimes, se bousillent le métabolisme et perdent tout sens de la satiété, paient régime et salle de sport et continuent de consommer à Bloc de bouffe.
    Mais evidemment, c’est plus simple d’incriminer les gens au lieu de prendre les mesures nécessaires.
    Sans compter qu’au delà des cas de surpoids « maladifs », on n’est pas tous faits pour être minces au sens où la société l’entend de nos jours ! Si l’obésité et le grand surpoids n’ont rien de naturel, la minceur dans sa définition actuelle n’a rien de general !

    •  » on n’est pas tous faits pour être minces au sens où la société l’entend de nos jours !  » ——— je suis tout à fait d’accord avec ce propos !

      Je pense, sincèrement, que je ne serai jamais jamais filiforme. Et non, ce n’est pas une excuse pour justifier un manque de volonté ou une absence de discipline. C’est tout simplement que, quand je me regarde, je constate que j’ai de bonnes fesses, une poitrine généreuse, des cuisses arrondies sur le devant. Donc, à moins de sombrer dans l’anorexie, je ne serai jamais mince comme une Bella Hadid ou même une Cindy Bruna, lesquelles sont l’incarnation de la minceur que la société veut.

      Je souhaite perdre du poids, mais juste suffisamment pour ne plus être dans la catégorie « surpoids » et non pas pour être super mince. Enfin, je ne sais pas si je suis très claire…

      Je ne connaissais pas ce documentaire  » Fed Up ». Merci pour l’info, je zyeuterai ça sur Youtube 🙂

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