36 ans…déjà !

La semaine dernière, j’ai eu 36 ans.

Et un pas de plus vers la quarantaine, BIM !

Non, plus sérieusement, j’ai plutôt bien vécu ma soirée d’anniversaire, ainsi que la prise d’année supplémentaire. Et, avec quasiment une semaine de recul, je peux en parler avec certitude, sans craindre de faire montre d’un enthousiasme prématuré qui précéderait, ensuite, un brutal désenchantement.

Donc, le cru 2018 n’a vraiment – mais, alors vraiment – rien à voir avec l’année des 34 ans, en 2016, où j’étais dans un tel abîme de désespoir que mes collègues de l’époque s’étaient mobilisés pour m’envoyer des sms dégoulinants de bonne intention. Même le Directeur s’y était collé. ( j’étais en vacances) ( je prends toujours mes vacances pile au moment de mon anniversaire pour pouvoir panser mes plaies loin des yeux loin de tous) (à mon retour au boulot, la psychologue – pourtant nullement affectée aux soins du personnel et plutôt dédiée aux accueilli.e.s que nous recevions – a tenu à ce que nous parlions. Tout ça, parce que j’ai seulement dit que ce 34ème anniversaire me faisait prendre conscience que je n’avais rien réalisé de ma vie, que c’était un échec sur toute la ligne et que le désespoir que je vivais, je ne le souhaitais à personne, pas même à mon pire ennemi).

Pour mon 35ème anniversaire, en 2017, cela n’avait pas non plus été une partie de plaisir. Et c’est un (doux) euphémisme…J’ai fondu en larmes subitement, gémi bruyamment et presque fait tomber de la morve sur mon gâteau d’anniversaire. J’ai vécu cet âge-là comme la fin définitive de ma jeunesse et l’entrée définitive dans ce monde d’adultes dont j’exècre les codes, les règles, le mode de fonctionnement.

J’avais étalé mon spleen ici : https://madamesanstabous.com/35-ans-la-fin-de-la-vraie-jeunesse-cest-maintenant/

Avec ce passif, il aurait donc été logique, que je sois à ramasser à la petite cuillère, le jour fatidique du 36ème anniversaire.

Que nenni !

Contre toute attente, j’ai accueilli ce nouvel âge avec une sérénité étonnante.

Je crois – enfin non, je suis quasiment sûre même – que c’est parce que j’ai longtemps pensé que je ne ferais pas de vieux os sur cette planète. La plupart des artistes et personnalités que j’ai admirés depuis mon enfance – et que j’admire toujours aujourd’hui – sont décédés dans leur trente-sixième année : Frantz Fanon, Marilyn Monroe, Bob Marley, Lady Diana…

La dépression et les pensées suicidaires d’autrefois aidant, j’avais ce terrible pressentiment que je connaîtrais le même chemin funeste… que je mourrais jeune… que – pire ! – contrairement à eux, je n’arriverais même jamais à cet âge-là.

Or, voilà, je suis en vie en 2018 !

Je suis parvenue à atteindre ce chiffre décisif ! L’épée de Damoclès, qui pendait au-dessus de ma tête, s’est brisée. BAM !

J’ai 36 ans ! La date est passée, ça y est, on ne peut plus revenir en arrière !

Alors, POW POW POW !

Faire sauter les verrous qui emprisonnent la joie d’apprécier simplement la chance de vivre. Défaire le poignets ligotés par mon esprit torturé.

Raccommoder définitivement et efficacement cette fêlure qui fracture mon âme depuis une vingtaine d’années.

J’ai 36 ans. Cette tragique prophétie que j’avais énoncée, me concernant, ne se réalisera pas. Je suis apaisée. C’est un peu comme une renaissance. Ma renaissance.

Voilà donc pourquoi cette entrée dans ma 36ème année me procure un si étrange sentiment d’accomplissement. Comme si j’étais parvenue à franchir une étape importante et que les années à venir étaient du bonus, du temps précieux qui me tombe dessus, comme des millions gagnés à la loterie.

Ce texte vous a été concocté avec passion par Liberty Riveter.

( Avec le précieux concours de Happy C à la photo !)

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