Les 5 pires conseils de couple que l’on m’ait donnés

Purée, c’est tellement rageant !

Quand j’étais célibataire, y avait une foule de personnes – en couple, bien entendu – mais surtout, maladroites et indiscrètes qui m’inondaient de conseils non sollicités, censés m’aider à me caser le plus vite possible. (Car c’est bien connu : être célibataire à plus de 30 ans vous déchoit de votre statut de « vraie » femme : vous voilà réduite à n’être une demi-femme en attendant de trouver votre moitié).

Cette attitude m’agaçait au plus haut point ! Mais dès que j’avais le malheur d’exprimer mes sentiments à ce sujet, une pluie de paroles critiques me tombaient sur la tête : « tu es trop compliquée », « on ne peut jamais rien te dire », « T’es toujours sur la défensive. C’est pas étonnant que tu sois seule ; les hommes n’aiment pas les femmes qui ont une grande gueule. », « On essaie de t’aider ; on a juste envie de te voir heureuse, nous. C’est très dur d’être seule quand on est une femme ».

Bref, plein de procès en ingratitude et des attaques sur un prétendu caractère difficile qui « justifierait » ce célibat (sauf que pour moi, être célibataire ne me faisait en rien me sentir diminuée ou incomplète ; idem, je ne me sentais nullement seule ou isolée).

En fait, c’était comme si tout ce beau monde me percevait comme une pov’ fille qui ne savait pas comment s’y prendre pour plaire aux hommes et encore moins, comment faire pour les garder.

La bonne blague !

Toujours est-il que je pensais alors que lorsque je rencontrerais Mr l’Homme de Ma vie et officialiserais avec lui, on me lâcherait enfin la grappe.

Que nenni !

Comme je trompais !

Que j’étais naïve !

Je suis avec mon amoureux depuis 4 ans.

Nous vivons en couple depuis presque 2 ans.

Il y a 1 an, nous avons troqué l’inconfort de mon minuscule studio pour un spacieux deux-pièces de 40 m².

Bref, tous les indicateurs sont au vert, non ?

Eh ben, faut croire que non, puisque certaines personnes continuent à m’assaillir de leurs interminables conseils, supposés – cette fois – me prémunir d’une potentielle lassitude de Mr pour la vie de couple et garantir ainsi sa présence à mes côtés jusqu’à ce que la mort nous sépare.

Et là, je vous dis tout de suite : j’ai le sentiment d’être considérée comme une espèce de tête à claques, sans cervelle, agressive et hystérique, et qu’il faut guider en permanence, de surcroît.

C’est franchement très insultant pour moi.

Derrière la montagne de conseils, je perçois la crainte de tout ce beau monde : que Mr me quitte et que je me retrouve, moi et mon « foutu caractère », aux portes de la quarantaine, reléguée au rayon des femmes périmées, dévaluées et soldées – et pour couronner le tout : en rivalité défavorable avec des jeunes femmes, belles avec leurs visages frais et lisses.

Un remake de la loi du marché. De l’offre et de la demande.

Si, au moins, ces conseils étaient matures, pertinents, intéressants, stimulants… Mais, même pas !

Jugez-en par vous-mêmes !

 1) « C’est la femme qui éduque son homme »

Typiquement le « conseil » qui me laisse sans voix.

Je pars du principe que les personnes sur lesquelles on jette son dévolu sont à prendre ou à laisser.

Je trouve ça d’une violence inouïe d’entamer une relation avec quelqu’un avec l’ambition plus ou moins cachée de façonner cette personne, telle une vulgaire pâte à modeler, en faisant fi de sa volonté à elle, tout ça pour obtenir le compagnon qu’on voudrait réellement.

N’est-il pas plus sain de stopper la relation et d’attendre de rencontrer la bonne personne ? C’est-à-dire celle qu’on accepterait pour ce qu’elle est (avec ses qualités qui nous enchantent et ses défauts que l’on trouverait tellement pas rédhibitoires que ça qu’on ne serait pas tentée de vouloir transformer la personne).

Vouloir changer quelqu’un, c’est sous-entendre ceci : « Tu ne me plais pas comme tu es actuellement. », « Tu n’es pas assez bien tel que tu es », « Pour que je t’aime vraiment, il faut que je te transforme en une autre personne et là, seulement, ça pourrait marcher entre nous ».

Voilà pourquoi je suis contre l’idée de sortir avec quelqu’un, puis de chercher à modifier son caractère, son apparence physique sous couvert de « chercher seulement à l’améliorer ».

Je suis déjà sortie avec des mecs qui, bizarrement, tant qu’ils me courtisaient, semblaient m’aimer comme je suis ; mais, aussitôt que la relation était officialisée, plus rien n’allait !

J’avais des critiques sur ma coiffure : « Pourquoi ne te tresses-tu pas ? Tu sais, tu fais peur avec ton afro ! » dixit un Noir, qui comme beaucoup d’aliénés, ne tolère le cheveu crépu que lorsque celui-ci est dissimulé sous des extensions capillaires ou des perruques, dompté par des tresses, maîtrisé par des nattes.

À la question « Quand tu m ‘as rencontrée, je portais déjà un afro, non ? », il est resté coi.

Un autre trouvait soudain que « je lui faisais peur »…tout simplement parce que, lorsque nous débattions de sujets politiques ou musicaux, j’argumentais (avec calme), défendais mes valeurs (certes avec opiniâtreté, mais toujours dans le respect de l’autre). Lorsque j’avançais une idée contre laquelle il ne trouvait pas d’argument, il tempêtait, procédait à des attaques personnelles à mon encontre au lieu de réfuter mes arguments avec des exemples concrets. Pourtant, nous nous étions rencontrés sur un forum de discussions où il m’avait approchée très précisément parce qu’il disait apprécier mon sens de la répartie, mon esprit d’analyse et mon honnêteté intellectuelle.

Autre chose qui me débecte dans le « C’est la femme qui éduque son homme », c’est la pesante pression qu’on dépose ainsi sur les épaules de la femme. Charge mentale. Le mot est lâché.

Si le mec est si mal habillé, ne prend pas soin de lui, ne sait pas quand s’acheter des affaires en bon état (puisque c’est souvent cet argument qu’avancent les femmes qui ont décidé de prendre en main la garde-robe de leurs mecs, par exemple)… pourquoi le mec ne peut-il pas utiliser sa cervelle pour s’éduquer/s’améliorer/se remettre en question/se réveiller tout seul, comme un… vrai adulte ? Pourquoi c’est à la femme que reviendrait cette responsabilité écrasante ?

      2) « L’homme, c’est le ventre et le bas-ventre ».

Bof ! Penser que pour séduire un homme et le garder, il faudrait tout miser sur la cuisine et le sexe.

Si seulement c’était si simple, hein !

Et je n’aborderai même pas l’aspect insultant pour les hommes d’un tel « conseil » : les hommes seraient des animaux régis par leurs instincts primaires au point d’être aisément manipulés et manipulables, dès lors qu’on cible leur estomac et leur pénis.

De toute façon, je n’aime pas cette idée de tout faire pour « séduire et garder l’autre ». Je pense que la durée d’un couple réside dans une subtile alchimie entre amour, sentiment de sécurité, compatibilité des caractères et une très grosse part de mystère.

Mon côté cynique me fait dire qu’on peut souhaiter trèèèèès fort qu’une relation dure toute la vie, mais qu’il est illusoire de se lancer dans des stratégies pour « séduire et garder » l’autre à vie.

On n’est propriétaire de personne. On ne sait même pas de quoi la journée sera faite. Alors, élaborer des stratégies pour faire durer un couple des années… laissez-moi sourire.

On fait du mieux qu’on peut au jour le jour. Et advienne que pourra.

   3) « Il faut toujours prendre soin de ton homme »

…Ce à quoi je réponds machinalement, sans même le faire exprès, je vous le jure : « Et lui aussi doit prendre soin de moi ».

Ras-le-bol de ces incitations permanentes à s’enfermer dans un rôle d’infirmière, à s’oublier au profit du Mâle.

Dans un couple, on doit mutuellement prendre soin de l’autre.

Exemple typique : ce n’est pas à la femme de toujours trouver le temps de préparer un bon repas pour que quand Mr revienne de voyage, la table soit prête et il n’ait plus qu’à plier les jambes ; tandis que lorsque la situation est inversée, Madame doit s’activer en cuisine, sans même avoir eu le temps de défaire les valises.

Et puis, je n’aime pas la menace implicite qui couve derrière cette phrase. « Il faut toujours prendre soin de ton homme »… sous-entendu : sinon, une autre femme viendra te le piquer. C’est ça, hein ?

Pfff, cette manie de toujours mettre les femmes en rivalité entre elles !

Je ne crois pas en l’existence des « briseuses de ménage » et autres « elle m’a piqué mon mec ».

Ces accusations envers des femmes ne sont qu’un moyen malhonnête de dédouaner les hommes, comme s’ils n’étaient que de petites créatures fragiles et innocentes, sans cesse victimes des plans pervers des femmes. Ces mêmes femmes qui ont toutes, entre les cuisses, un objet magique : d’irrésistibles vulves en kryptonite massive qui ensorcellent et piègent tout homme – forcément vulnérable – sur lequel elles ont des vues.

Pitié ! Personne ne peut être « volé » : il n’y a que des gens qui avaient envie de partir vers de nouvelles bouches, de nouveaux bras, de nouveaux organes génitaux rattachés à de nouvelles têtes.

4) « Un couple, c’est du travail »

Dès que j’entends ces deux notions attachées ensemble « couple » et « travail », mon sourire se fige, mon esprit se met à gamberger.

Peut-être ai-je tort, mais dès que j’entends une personne dire : « Un couple, c’est du travail », tout ce que je comprends, c’est : « Dans mon couple, c’est vraiment très dur. Ça requiert beaucoup d’efforts pour que ça tienne. »

J’en viens alors à me demander si ce n’est pas là, un couple maintenu en respiration artificielle et qui s’arrêterait net si les deux parties – ou la femme toute seule – ne s’attelaient pas comme des forcenés pour éviter d’en arriver à la rupture.

Je me demande si ce couple ne repose pas entièrement sur des compromis ou des concessions.

Je pars du principe que lorsqu’on doit faire trop de compromis/concessions pour être bien ensemble, c’est que ce n’est pas fluide, ce n’est pas naturel. Et donc, qu’on n’est peut-être pas destinés à être ensemble.

Quand j’entends « travail », je pense aussitôt : obligations, tâches à exécuter, corvées, comptes à rendre, hiérarchie, chef, personne au-dessus de toi hiérarchiquement, toi en-dessous, rôles, conflits.

Je perçois tout de même l’idée derrière l’expression « Un couple, c’est du travail » : les gens veulent surtout dire que dans un couple, il ne faut pas se reposer sur ses lauriers ; qu’un couple meurt si on ne l’entretient pas.

Voilà, c’est ça, le mot ! À la place du « un couple, c’est du travail », je préfère nettement : « Un couple, c’est de l’entretien ».

       5) « Sois douce, sois gentille, ne fais pas de vagues, sinon tu vas lui faire peur avec ton franc-parler et ton caractère indépendant. Les hommes aiment se sentir utiles ; montre-lui que tu as besoin de lui ; parle moins fort, fais moins de blagues,sinon tu auras l’air masculine ; ne dis surtout pas que tu es féministe : ça va le faire fuir !!!! ».

…Ce que je traduis, moi, par : « Mens à l’autre ; fais semblant d’être qui tu n’es pas. Joue la comédie, fais semblant d’être 100% d’accord avec tout ce qu’il dit ; efface-toi devant lui. Sois prête à tout et même à te renier toi-même pour être acceptée par un homme. »

Je suis au bord de l’apoplexie chaque fois qu’on me sert ce type de propos empoisonnés.

Faut-il vraiment avoir si peu d’estime pour soi-même pour en être réduite à ne pas se montrer telle que l’on est vraiment.

Faut-il avoir tristement assimilé que l’on est une grosse merde pour en arriver à penser que le vrai soi ne peut pas plaire à l’homme que l’on aime.

À s’effacer pour être acceptée, à se modifier pour plaire, on ne peut jamais être aimée pour soi.

Et puis, encore une fois, c’est avoir une bien piètre opinion des hommes que d’imaginer qu’ils rêvent (tous) de filles soumises, effacées, qui leur lécheraient les bottes non-stop.

En vérité, il n’ y a que les pauvres types manipulateurs, malintentionnés et assoiffés de domination qui recherchent cela.

Les hommes sûrs de leur virilité n’ont pas peur des féministes et même – oh shocking ! – revendiquent être eux-mêmes féministes.

Les mecs bien dans leur peau n’ont pas peur des femmes de caractère.

Les hommes sains d’esprit n’éprouvent pas la peur irrationnelle que vous preniez toute la place.

Les hommes normaux sont comme les femmes normales : ils recherchent et apprécient des personnes qui montrent leur vraie personnalité.

Je suis triste – mais, alors vraiment vraiment triste – que des femmes puissent véhiculer autant d’idées vénéneuses et sexistes auprès de jeunes filles ou d’autres femmes – tout en pensant bien faire, en plus. Et c’est ça, le pire.

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