Comment reconnaître les faux-débordés au boulot ? (6 indices qui ne trompent pas)

Aujourd’hui, parlons de ces collègues qui se nourrissent de louanges, de minauderies et de vanité.

Ils ne sont pas débordés, mais aiment faire croire qu’ils le sont. Ils adorent se faire plaindre et qu’on leur murmure d’une voix admirative : « Ooooooh ! Tu travailles vraiment beaucoup…. ! ».

Levez le pouce en l’air si, à chaque énumération, un prénom, un visage surgissent dans votre tête.

NB : sachez que chacune des situations décrites ci-dessus a été vécue en direct live par votre petite blogueuse chérie. #PayeTonBoulot #PayeTesCollègues #PayeLeMondeDuTravail #PayeTonCdi.

1) Ils sont toujours en train de mentionner à quel point ils sont débordés.

Leurs phrases préférées sont : « Je n’arrête pas ! », « Aujourd’hui, j’ai pas arrêté ! », « J’ai même pas eu le temps de déjeuner ! », « J’ai eu trop de trucs à faire ! », « Je peux pas : j’ai trop de choses à faire ! », « J’ai été trop sollicitée aujourd’hui ! »

La vérité, c’est que les vrais bosseurs – les vrais de vrais – n’ont pas besoin de documenter en long, en large et en travers à quel point ils croulent sous le boulot : on le voit ! Et on les voit courir dans tous les sens.

Ils ne parlent pas, ils font.Tout simplement.

Les actes valent mille fois mieux que les paroles, non ?

 

2) À la fin de journée, au moment de partir, les faux-débordés soufflent, soupirent et poussent le bouchon jusqu’à flanquer BRUYAMMENT leur sac sur la table (au point de vous faire sursauter de peur !!).

Pathétique cirque sonore qui n’a pour but que de marquer leur présence, attirer l’attention des personnes présentes et, in fine, provoquer la question suivante : « Qu’y a -t-il ? ».

Atteints de leur diarrhée verbale habituelle, ils vous prennent alors en otage – pendant de looooongues minutes – pour vous narrer à quel point ils sont crevés à cause de l’Everest de boulot qu’ils ont accompli avec brio (bien entendu…).

3) Comme de par hasard, ils partent toujours après la fin de leur heure de service.

Là où une personne sincèrement très occupée s’en ira sans attirer l’attention sur elle, sans faire de boucan, simplement comblée par la satisfaction du travail accompli, le crâneur ne passera la porte de sortie du bureau qu’après avoir répété – un bon million de fois et d’une voix de stentor, s’il vous plaît – le temps supplémentaire effectué. Car il est très important, pour son image, que tout le monde sache et n’oublie pas qu’il est resté plus tardivement que prévu. Preuve, n’est-ce-pas, de son grand sens du travail bien fait.

 

Très souvent, la vérité vraie, c’est que les faux-bosseurs confondent « efficacité » et « respect des heures de service officielles » avec « présentéisme ».

 

 

Et il y a aussi une autre vérité… Plus sordide, plus triste, celle-là.

Ils quittent leur lieu de travail toujours plus tard, parce qu’ils redoutent tout simplement de rentrer chez eux.

Je me souviens de mon Papa, avant qu’il n’aille à la retraite.

Bon, d’abord, je place le contexte. Mon Papa n’est pas un faux-débordé, ok ? Je vous interdis de le prendre pour un glandeur, d’accord ?

Mon Papa a travaillé pendant plus de 15 ans avec l’ONU. Comme il était toujours envoyé en mission dans les zones de conflits (pour ne pas dire : de guerres), ni ma Maman, ni moi, ni mes petites sœurs ne pouvions nous installer avec lui.

Pour quelqu’un, comme lui, habitué à la vie en tribu, le choc fut rude. Il adorait son boulot, mais détestait le fait de ne pas avoir sa famille près de lui. Il nous disait souvent : « Je suis en exil économique », car ce boulot, il l’avait surtout accepté parce qu’au Cameroun (notre pays d’origine), il était au chômage (et au Cameroun, y a pas d’Assedic, y a pas de sécurité sociale, y a pas d’allocations, y a pas d’aides de l’État ; d’ailleurs, tu peux même avoir un emploi et ne pas être payé pendant des mois, que ce soit dans le privé ou le service public.

#PayeLeFaitDeVivreDuMauvaisCôtéDeLa Barrière

#BienvenueDansLeTiersMonde

#LaVieDansLesPaysSousDéveloppés

#LafriqueCestRicheCulturellementMaisPauvreÉconomiquement ).

Bref, il était parti à l’étranger, seul, pour pouvoir nous nourrir. Un magnifique sacrifice.

Et comme nous lui manquions, pour pallier à la douleur de l’absence, il lui arrivait de travailler jusqu’à 23 heures et d’être à nouveau à son lieu de travail à 7 heures du matin !

Il s’étourdissait littéralement de travail pour passer le moins de temps possible dans son logement de fonction, qui puait la solitude.

Je peux aussi vous parler de M.

M. était un collègue, rencontré il y a 3 ans. À l’époque, je travaillais dans un accueil de jour, lequel fermait tous les jours à 17h. Moi, mes heures de travail stipulaient que je terminais à 17h30 – comme les siennes et le restant des autres agents d’accueil, d’ailleurs. Et évidemment, une fois les portes fermées à 17h-17h05 grand max’, je faisais de mon mieux pour respecter mon heure de départ. Ce qui n’était pas du goût de ce cher M., qui ne comprenait pas pourquoi je mettais autant de cœur à l’ouvrage pour partir en temps et en heure !

J’avais beau expliquer à M. que, contrairement à lui, je n’avais pas 35 minutes de trajet jusqu’à chez moi, mais 1h15, il continuait à se moquer.

Il a fallu un jour que je le regarde droit dans les yeux et que je lui lance : « Écoute, je ne sais pas pour toi, mais, moi, je suis contente de rentrer chez moi. Je n’ai pas peur d’être chez moi. ».

À partir de ce jour-là, il a cessé ses petites phrases à la mords-moi-le-nœud.

M. était alcoolique et célibataire.

Tant qu’il était dans les locaux de l’association, il était protégé : il pouvait résister à l’appel de la bouteille. Quand il était chez lui, c’était une lutte féroce entre son envie d’arrêter et ses démons intérieurs qui lui intimaient de boire jusqu’à vomir. Ajouté à cela qu’il avait un besoin immense d’amour qu’il comblait en traînant sur les sites de rencontre du soir au matin, échoué sur son canapé.

Je pourrais aussi vous parler de cette connaissance qui traîne au bureau pour ne pas pas rentrer chez elle, parce que son couple va à vau-l’eau.

4) Alors que leur rengaine est : « Oh là là, j’arrête pas depuis ce matin ! », vous les surprenez constamment loin de leur poste de travail.

Ils multiplient les pauses-café, les pauses-cigarettes, – quand ils ne sont pas en train de pianoter fréquemment sur leurs téléphones.

D’ailleurs, quand vous apparaissez à l’improviste, leurs doigts sont saisis de mouvements brusques et précipités, trop pressés qu’ils sont à fermer à toute vitesse toutes les fenêtres sur l’ordinateur (facebook, sites marchands, etc).

Mais bon sang, où prennent-ils le temps de faire des activités extra-professionnelles sur leur lieu de travail, eux qui sont si débordés ?!

5) Fayots de la pire espèce, ils ne ratent jamais une occasion de se faire mousser auprès de la hiérarchie.

Leur principale préoccupation : faire croire (ou rappeler) au Big Boss à quel point ils travaillent dur /font des heures supp’/sont restés des heures au bureau, sacrifiant ainsi leur soirée pour un dossier qui ne pouvait pas attendre le lendemain.

« Si je n’avais pas de conscience professionnelle, je serais partie ! Mais j’ai une conscience professionnelle, tu vois ? » minaudent-ils, l’air de rien, alors qu’intérieurement, ils se masturbent, au bord de l’orgasme.

6) Ils arrivent SYSTÉMATIQUEMENT en retard aux réunions.

Et toujours, c’est le même scénario : le pas rapide, la mine affairée, soufflant comme des bœufs, une liasse de documents sous le bras et un gros mug de café dans la main, avec sur la tronche, le (faux) sourire contrit de celui-qui-est-vraiment-désolé-d’être-en-retard-mais-qui-ne-pouvait-vraiment-pas-faire-autrement-parce-qu’il-est-débordé-de-boulot.

Le but de cette manœuvre puérile ? En arrivant le dernier, bien sûr qu’il va faire une entrée remarquée ! Tous les regards vont converger dans sa direction, ce qui le mettra dans un état de jouissance absolue.

Le monde du travail, ce bon vieux cinoche !

Ce texte vous a été concocté avec passion par Liberty Riveter.

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