Et si on dédramatisait le célibat ?

De nos jours, le célibat, c’est LA maladie honteuse du siècle ! LA maladie dont il est fortement recommandé de se débarrasser, fissa fissa.

La preuve ?

Vous allumez la télé ? Voilà Meetic, Elite Rencontre, Attractive World, E-Darling, Parship, Adopte un Mec, Hug Avenue, Tilt et compagnie, qui déboulent sur votre écran – à quasiment chaque coupure pub – pour vous convaincre de mettre le destin de votre vie amoureuse entre leurs fichiers clients.

Petite pression sociétale.

Vous zappez pendant la coupure pub ? Peine perdue !

Sous vos yeux agacés, apparaîtront quand même de trèèèèèèèèèèès nombreux reportages et autres émissions de télé-réalité dédiés aux célibataires à la recherche précipitée de l‘amûûûr ! Même si vous ne regardez pas ces émissions, vous les voyez quand même passer et surtout : vous savez qu’elles existent.

Petite pression sociétale bis.

Vous êtes en famille ou avec des amis ? Ou peut-être avec de simples connaissances ? Eh bien, peu importe le sujet de discussion initial : par un horripilant tour de passe-passe, vos interlocuteurs se débrouilleront toujours pour que la conversation atterrisse sur votre célibat ! Toujours, toujours, toujours ! Ça ne ratera jamais !

Petite pression familiale + petite pression amicale + petite pression sociétale ter.

En somme, quand on est une femme célibataire de plus de 30 ans, de tous les côtés, on est interrogée, conseillée de force, – voire dénigrée et culpabilisée.

D’où l’intérêt de savoir réellement QUI on est, ce qu’on VAUT et ce qu’on VEUT, si on refuse de basculer dans la case « Je-Suis-Une-Célibataire- Désespérée- En – Mode – Grande-Fête-De-La-Déprime-Jusqu’à-Ce – Que – Je – Me – Trouve – 1 – Mec ! « .

Et ça, croyez-moi, ça passe par la dédramatisation du célibat.

Vilain mythe n° 1:  » Le célibat, c’est du temps de perdu ! »

Bon… Quand on est célibataire, c’est vachement tentant d’entreprendre mille et une activités tous azimuts et de s’écrier ensuite :

 » Si je n’avais pas été célibataire, je n’aurais jamais couru le marathon. »

« Si je n’avais pas été célibataire, jamais je n’aurais su que j’étais capable de voyager seule et même d’aller à l’étranger toute seule. »

 » J’ai repeint mon appart’, monté tous les meubles, tout fait toute seule. Si je n’avais pas été célibataire, je n’aurais jamais su -mais alors, ja-mais ! – que j’en étais capable ! » .

Bref, tout ça, c’est une façon de crier à la face du monde :

«  Regardez, comme il est formidable, mon célibat ! Regardez comme je suis une femme seule, mais forte ! Regardez comme je suis une femme active, dynamique, occupée et qui mène sa vie tambour battant ! « .

 » Regardez comme je me débrouille bien, même si je suis seule.« .

 » Hé, les gens ! Vous savez, quoi ? Je suis peut-être célibataire, mais je suis surtout une célibattante ! « .

En gros, c’est :  » Vous savez, mon célibat me permet de mieux me connaître. Grâce à lui, je me découvre des ressources insoupçonnées. »

Oui.

Certes…

C’est vrai que la période de célibat peut se révéler propice à la découverte de beaucoup de choses (bien ou moins bien) sur soi-même.

On peut même voir naître l’émergence d’un nouveau soi.

…Seulement, attention à ne pas confondre « fuite en avant » et « exploration/découverte de soi ».

…Attention également à ne pas mélanger  » Je teste de nouvelles activités «  et  » J’essaie désespérément de me convaincre que mon célibat est une chance « .

Souvent, dans la bouche de certaines célibataires, on a l’impression d’une multiplication d’activités en tout genre, non pas dans le but innocent de découvrir de nouvelles choses, mais plutôt dans le but inavoué de se prouver qu’on occupe, comme il faut, ce maudit temps du célibat.

Comme si le célibat était du temps perdu à ne rien construire dans sa vie personnelle et qu’il fallait, donc, à tout prix, se rattraper en faisant plein de choses pour rendre ce temps-là productif.

Comme si le célibat était un tel temps gâché à ne pas progresser dans sa vie, qu’il faille à tout prix le rendre bénéfique par n’importe quel moyen.

Comme s’il fallait à tout prix rentabiliser le temps du célibat.

Comme si le célibat était du temps de retard, par rapport aux autres qui ont une vie de couple, eux – voire une vie de famille.

Comme si être célibataire signifiait avoir une vie vide et qu’il fallait donc à tout prix la remplir.

Comme si être célibataire signifiait avoir une vie moins intéressante que ceux en couple, et qu’il faille donc la rendre attrayante en se lançant dans des milliards de projets.

Comme si, d’une certaine façon, il fallait absolument trouver du positif dans ce célibat, parce que sinon, ce serait du gâchis.

Comme si le célibat était une tare telle que la demoiselle célibataire doive faire acte de repentance en prouvant que non, le célibat, ce n’est pas du temps de gâché puisqu’elle se lance dans des activités jusque-là inédites pour elle et, par là même, se (re) découvre.

Un peu comme si elle disait :  » Vous voyez : finalement, ce célibat, c’est un mal pour un bien ! « .

Eh ben NON !

Être célibataire ne veut pas dire qu’on est en retard dans sa vie ou en retard par rapport aux gens en couple.

Être célibataire ne veut pas dire qu’on perd du temps.

Être célibataire ne signifie pas avoir une vie vide qu’il faut absolument meubler.

Être célibataire, c’est juste être quelqu’un qui n’est pas dans une relation amoureuse. Ni plus ni moins. Point barre.

Ben oui, c’est aussi bête que ça.

Être célibataire, ce n’est ni une chance phénoménale ni une malchance cataclysmique.

C’est juste une définition de votre vie sentimentale à un moment T.

Juste ça.

Vilain mythe n°2 :  » Être célibataire, c’est une vie difficile, parce qu’on est seul(e) à affronter les tracas. »

Voici un scénario ultra fréquent qui m’est arrivé un nombre incalculable de fois, avec plusieurs célibataires hommes.

C’est pendant les rencards.

À chaque fois, la soirée se passe plutôt bien.

Je trouve le mec sympa.

Et puis, soudain, d’un ton très naturel, comme s’il déclamait une vérité universelle, le mec lâche la phrase qui tue :  » Il y a des avantages à être en couple. Par exemple, quand l’un traverse un coup dur, l’autre est là pour le soutenir. » ou :  » Quand on est en couple, on a l’avantage d’être deux pour réfléchir ensemble et trouver plus facilement une solution à nos problèmes. Deux cerveaux valent mieux qu’un. À deux, on est toujours plus fort ! « .

Je vous jure que j’ai eu peu ou prou la même phrase, à plusieurs rencards, avec des mecs différents !

Et, à chaque fois, j’étais déçue d’une telle absence de romantisme et je ne me sentais pas désirée. 

Est-ce que ces mecs exprimaient tout simplement leur mal-être, sans s’en rendre compte ?

Est-ce que ces mecs pensaient ainsi faire flancher mon cœur, partant du principe erroné que les femmes ne rêvent que de couple et d’épaule masculine sur laquelle s’appuyer ? (et donc, selon leur logique fallacieuse : si un mec montre qu’il est prêt à assumer les difficultés, ça veut dire qu’il est mature, et conséquence positive : toutes les femmes vont le percevoir comme un bon parti et vont tomber illico presto sous son charme)

Dans tous les cas, quelle idée de mettre en avant, comme avantage premier d’être en couple, la présence de l’autre comme soutien moral ! 

Pourquoi, d’emblée, faire rimer « couple » avec « problèmes-que-l’autre-va-m’aider-à-gérer » ?

Pourquoi ne pas d’abord penser aux moments joyeux et amoureux à partager ?

C’est un peu triste d’avoir une vision utilitariste du couple, non ?

Comme si une relation amoureuse n’était ni plus ni moins qu’un vulgaire contrat d’assistance psychologique et financière !

Comme si le couple, c’était quelque chose qu’il fallait seulement envisager sous un aspect froid, calculé, strictement raisonné et raisonnable.

Où est l’Amour dans tout ça ?

Où est le romantisme ?

Où est l’alchimie ?

Où est la chaleur ?

Contrairement à ce que certains veulent nous faire croire (société, sites de rencontres, personnes en couple malheureuses en ménage, etc, etc), la vie de couple n’est pas aux soucis, ce que le paracétamol est au mal de tête !

En clair, non et fichtre non : le couple n’est pas LA solution miracle à tous les maux de la Terre.

Si on n’est pas épanouie professionnellement, être en couple ne résoudra pas le problème.

Ok, le conjoint sera à nos côtés, il recueillera nos frustrations et on pourra toujours compter sur lui pour nous écouter ad nauseam. Peut-être même que Chéri-Chéri nous aidera à écrire notre lettre de motivation et fignoler notre CV.

Oui, mais après ? En réalité, il faudra bien passer à l’étape  » démarches à effectuer + candidatures à sélectionner + entretiens d’embauche à passer « . Autant d’étapes qui se déroulent en solo.

Si on se sent siiiiiiiii seule et qu’on est intimement persuadée que seule la présence d’un Chéri-Chéri pourra gommer ce sentiment de solitude, n’est-il pas plus judicieux d’avoir une vraie conversation avec soi-même ? Conversation dans laquelle on s’interrogera en toute honnêteté sur le pourquoi on se sent si incomplète au point d’avoir absolument besoin de quelqu’un à nos côtés pour nous sentir complète.

Ne court-on pas le risque d’étouffer l’autre avec cette grosse attente qu’on fera peser sur ses épaules ?

Si on estime que LA raison pour laquelle on n’est pas heureuse dans la vie, l’unique frein à son épanouissement personnel, c’est parce qu’on est célibataire…eh bien, ne vaut-il pas mieux faire le grand saut dans les tréfonds de son âme et se demander pourquoi il est si difficile, pour nous, d’être heureuse par nous-mêmes pour nous-mêmes.

Tous les êtres humains ont des névroses. Ce serait un p’tit peu injuste et égoïste de venir superposer ses névroses à soi sur celles de quelqu’un d’autre, en souhaitant- en plus ! – que l’autre s’occupe d’elles. Pas vrai ?

Un être humain est, avant tout, un puzzle sur pattes. Pour être heureuse dans sa vie, il faut que la majorité des pièces du puzzle s’emboîtent convenablement parce que c’est la preuve qu’on a fini de se chercher, qu’on est stable dans sa tête. (la majorité et non pas toutes les pièces, car personne n’est parfait et donc, personne ne pourra avoir un puzzle parfaitement reconstitué).

Avant de rencontrer Monsieur-L’Homme-de-Sa-vie, c’est quand même mieux que le puzzle soit à peu près rassemblé, non ? Qu’on n’ait pas à compter sur lui pour nous aider à rassembler toutes les pièces éparses ?

Et, ça, si ça se trouve, c’est peut-être le plus beau cadeau d’amour qu’on puisse lui faire, au Chéri !

Vilain mythe n°3 :  » Quand on est célibataire, c’est qu’on est une femme difficile / compliquée / instable « 

 » Chaque pot a son couvercle « 

 » Trouver chaussure à son pied « 

 » Trouver sa moitié « 

 » Chacun(e) a son âme soeur quelque part « 

 » J’attends l’amour « 

 » Rechercher l’amour « 

 » Comment trouver l’amour ? « 

Voilà typiquement le genre d’expressions, dont on est biberonnée depuis l’enfance (à coups de lectures de contes de fées) et qui fabriquent les préjugés envers les célibataires !

Pourquoi ?

Ben, parce que ces expressions impliquent que l’amour est un dû. Que l’amour, c’est quelque chose que tout le monde va avoir. Que tout le monde doit avoir.

Résultat : lorsque vous êtes célibataire – et surtout quand c’est un célibat qui dure dans le temps – tout le monde vous désigne comme étant coupable de « cette situation ».

(et c’est sans compter les célibataires qui s’auto-flagellent allègrement…)

Une piste de réflexion, comme ça, en passant : et si les demoiselles célibataires étaient célibataires non pas parce quelles sont compliquées, chiantissimes ou matérialistes… mais, tout simplement parce que leur chemin n’a pas encore croisé celui de l’homme de leur vie ?

C’est dingue comme explication, hein ?

Ce texte vous a été concocté avec passion par Liberty Riveter.

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