Interview : Miss Bavarde, la franchise à l’état pur

Miss Bavarde, ça fait bien 7 ans que je la croise sur les internets et que je lis son blog.

Si à l’époque, je n’étais pas toujours d’accord avec elle sur la question du célibat, avec le temps et l’évolution personnelle de chacune, nos points de vue se sont rejoints (j’étais sur un autre blog et j’y prônais un célibat assumé – avec le recul, je me rends compte que, de ma part, il y avait finalement aussi une grosse peur de l’amour derrière…Toujours est-il que je trouvais qu’elle était dans le sens inverse, dans une quête effrénée de l’amour et ça me refroidissait).

N’empêche, j’ai toujours apprécié sa franchise qui irradie littéralement ses articles de blog, j’ai toujours aimé sa façon de montrer ses failles sans impudeur et avec élégance, dans une société où règne la dictature du #happy et de la perfection.

Rencontre avec une trentenaire, bien dans ses baskets, intrépide et dotée d’une formidable capacité à rebondir !

                      Miss Bavarde, lors de son voyage solo à Bali : « Voyager seule, c’est vivre une expérience hors du commun, c’est se découvrir, se redécouvrir, évoluer et grandir, devenir plus forte et se surprendre. C’est prendre conscience que cette fameuse zone de confort dont tout le monde nous parle est facile à perdre du moment où on le décide. »

Côté cœur :

1) Tu es célibataire et ce que j’apprécie chez toi (et où je te rejoins aussi), c’est que tu ne vis pas ce célibat comme une maladie honteuse dont il faut absolument se débarrasser. Quel a été ton cheminement pour en arriver au stade où « célibat » rime avec « sérénité » ?

Hello. Sacrée question, je pense que c’est surtout un long chemin personnel. Je suis quelqu’un qui se remet beaucoup en question et qui se demandait très souvent pourquoi mes histoires ne fonctionnaient pas. Puis, une histoire m’a fait plus de mal que prévu, mais vraiment et ce fut compliqué de remonter la pente. J’ai demandé de l’aide et j’ai appris à mieux me connaître et à comprendre enfin que la vie ne tourne pas autour des mecs, et qu’être seule c’est mieux que d’être avec un con ou avec quelqu’un juste parce que la société te dit qu’il faut. Et puis pour être bien seule et avec les autres, il faut apprendre à aimer la seule personne qui compte vraiment : nous-mêmes.

 

2) Quels conseils donnerais-tu à une femme de notre âge (36 ans) qui serait célibataire et qui subirait beaucoup de pressions de la part de sa famille, de ses ami.e.s, – voire de son entourage professionnel – pour se caser ?

Qu’elle laisse aller et lâche prise. Notre vie on la vit pour nous pas pour les autres et les autres ne savent pas mieux que nous ce qu’il nous faut, ce dont on a besoin. Alors un bon merde et ça repart ! 🙂 On n’a pas à rentrer dans une case parce que ça arrange les autres !

 

3) Que dirais-tu à une femme trentenaire qui considère son célibat comme un échec ?

Que rien n’est un échec et que si elle le voit comme tel, qu’elle regarde aussi ce que ça lui apporte aujourd’hui. Il faut savoir prendre du recul sur notre vie amoureuse et la regarder avec bienveillance. Ma vie amoureuse est un désastre ou un échec si on va par là, mais je m’en fiche car l’expérience nous construit et nous rend plus forte ! Et c’est franchement beaucoup plus agréable de savoir ce qu’on aime et ce qu’on n’aime pas !

 

4) Quel est le « conseil » le plus idiot qu’on t’ait donné pour rencontrer l’âme sœur ?

Franchement, j’en sais rien. Ce sont plus les conseils post-ruptures qui sont idiots du genre:  » Un de perdu 10 de retrouvés ! « . J’ai beau ouvrir ma porte : y a pas 10 mecs derrière 🙂 Ou :  » Tu vas retrouver quelqu’un. Sois patiente.« , etc etc… Les conseils partent de bons sentiments mais c’est à prendre et à laisser 🙂 On doit faire le tri.

 

A Bali, prête pour une session de surf  : « Décider d’apprendre à surfer – en tout cas essayer – c’est prendre conscience qu’on va en chier ! « 

 

Côté corps :

1) Ça va bientôt être la saison des mini-jupes, des shorts, des jolis petits débardeurs et des itsy bitty tout petits bikinis. Quelle est ton approche des choses ? Régime ou pas régime ? Sport ou pas sport pour se préparer à l’été ?

Aucun régime, je suis comme je suis. Depuis que je suis gosse, je mange équilibré ou du moins autant que possible et je ne me prive pas ! Je me fais plaisir ! Quant au sport j’en ai toujours plus ou moins fait donc là encore faut juste se faire plaisir !

 

2) Une chose que j’ai remarquée depuis que j’ai passé le cap des 35 ans, c’est que je m’accepte davantage, je m’aime davantage. C’est ce qui est fabuleux avec la trentaine, je trouve : quand on se regarde devant le miroir ou via une photo, on se dissèque moins, on ne se voit plus à travers un filtre cruellement binaire (jolie ou moche ?). Enfin, on connaît davantage son visage (fini le visage idéalisé ou injustement auto-critiqué), on a fini par s’apprivoiser, quoi ! Est-ce que tu as cette même impression ou pas du tout ? Et du coup, quel rapport entretiens-tu avec ton corps ?

Jamais je ne reviendrais à mes 20 ans ou mes 25 ans. Être adulte me va bien et me réussit. On apprend à se connaître mais pour être bien dans ses pompes on se doit d’être en accord avec ses actes, ses choix de vie, son corps, et son esprit. Mais pour cela il faut le vouloir vraiment.

 

Miss Bavarde et son tatouage palmier, réalisé à Bali.  » Je sais vivre avec ce que je vois, je sais me regarder, je sais m’accepter et je suis en accord avec ce que je suis intérieurement et extérieurement. J’ai des cernes depuis des années, mais bon j’aime bien le bleu donc… »

Côté tête :

1) Il y a quelques temps déjà, tu as quitté un CDI et un métier que tu exerçais depuis une douzaine d’années pour un changement de carrière ; aujourd’hui, tu es free-lance. Où as-tu puisé cette audace de te lancer dans l’inconnu ? Est-ce que ça t’es arrivé de douter ? Et si oui, comment es-tu arrivée à surmonter ces appréhensions ?

Douter faire partie de moi, mais j’ai appris à vivre avec et à l’utiliser à bon escient. Se planter cela peut être possible, il faut l’avoir à l’esprit pour se fixer un objectif ! Enfin c’est comme ça que je fonctionne et puis j’aime pas me faire chier et ne pas évoluer, donc comme je ne trouve pas d’emploi, être à mon compte était un bon moyen de prendre de l’expérience et apprendre et me challenger au quotidien. Sortir de sa zone de confort est tellement confortable en fait.

 

2) Je te l’ai déjà dit plusieurs fois : tu as été l’une de mes inspirations pour franchir le pas de consulter moi-même un psychologue et je ne t’en remercierai jamais assez. Une chose qui m’avait frappée à l’époque, c’est la sincérité avec laquelle tu abordais le sujet : tu ne cachais pas le fait de voir une psy, tu ne montrais aucune gêne, aucune honte, aucun tabou ; d’ordinaire, dire qu’on voit une psy est souvent perçu comme un aveu d’échec, que ce soit chez la personne qui consulte ou chez les interlocuteurs ; là encore, d’où t’es venu cette capacité à te dévoiler en toute sincérité ?

J’ai toujours été honnête sur mon blog, je dis toujours ce que je pense en toute franchise, notamment mes nombreux déboires amoureux. Ça me paraissait donc logique de parler de la psy même si j’ai attendu un peu d’être mieux dans ma tête pour en parler. Je sais que voir une psy est mal vu, que les gens ont un a priori de voleurs de fric et que ça sert à rien etc mais franchement, quand le psy est bien et qu’on est prêt à se regarder dans la glace pour une bonne raison autre que juste s’écouter parler, et bien ça vaut le coup. Je ne serais pas où je suis aujourd’hui sans ça.

Course à pieds, natation, skate, pilates, yoga, surf : tester, apprendre, faire, se dépasser !

 

3) À titre personnel, la thérapie m’a apporté une plus grande connaissance de moi-même ; elle m’a permis de me mettre face à mes démons et d’aller nettement mieux aujourd’hui. Que t’a apporté la thérapie ? Et s’il y a une personne qui nous lit, à cet instant, qui ne se sent pas bien, qui n’ose pas faire la démarche d’aller voir une psy, que lui dirais-tu ?

Avant d’aller consulter un psy, il faut admettre qu’on a un problème et qu’on va mal, qu’on ne s’en sort pas seul. Ensuite il faut accepter qu’on n’est pas parfait et qu’on a le droit de faire des erreurs. Si on accepte ensuite de se regarder dans le miroir et apprendre à s’aimer alors on est prêt pour aller voir une psy. J’ai appris à me connaître et à affronter la vie avec plus de recul, et je sais que les embûches font partie de la vie, je sais juste vivre avec désormais !

 

4) L’interview touche malheureusement à sa fin. Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter de beau pour le futur ?

Des clients en free-lance et juste continuer comme ça 🙂

Miss Bavarde lors de la Pin Pack Maroc Session (Pink Pack est une communauté de SuperWomen passionnées de sports de glisse qui aiment se rassembler, découvrir et partager de nouvelles disciplines de glisse)

Merci, Miss Bavarde, d’avoir répondu à mes questions.

Son état d’esprit vous a plu ? Vous souhaitez en savoir plus sur son univers ?

Y a du choix !

Retrouvez-la :

  • Sur son blog perso : Le modeste blog de Miss Bavarde  wwww.blogdemissbavarde.wordpress.com
  • Sur son instagram perso : @missbavarde
  • Sur son webzine : Ocean Souls wwww.oceans-souls.com
  • Sur son compte instagram pro : @oceans_souls_webzine

Toutes les photos de cette interview appartiennent à Miss Bavarde, sauf photo Pin Pack Maroc Session : copyright  My_Poncho.

Cette interview a été réalisée avec enthousiasme par Liberty Riveter.

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