Je me suis réconciliée avec Instagram (les 4 clés du changement)

Vous avez peut-être remarqué la tendance instagram-bashing qui sévit, depuis plusieurs mois, sur la blogosphère et le reste des internets.

Instagram et son tristement célèbre algorithme, qui provoque des centaines d’articles plaintifs à la sauce « Instagram, je t’aime. Pourquoi tu me fais souffrir ? Je ne peux vivre sans toi ! ».

Instagram et sa rampante dictature du cool.

Instagram et son absence de spontanéité.

Instagram et son aliénante course aux chiffres : « Dis-moi quel est ton nombre d’abonné.e.s et et je te dirai quelle est ta valeur sur Terre

Instagram et ses influenceuses dont le niveau de vie a tôt fait de filer des complexes d’infériorité aux plus sensibles d’entre nous.

Instagram et les éternels débats philosophiques : ne montrer que des moments positifs sur Instagram est-il tricher ou une facette de notre réalité ? Publier uniquement des photos ultra-léchées, est-ce de la triche ou un choix artistique ?

Jamais une application n’avait fait couler autant de salive et d’encre.

Je ne vais pas mentir : les_pantouflards_errants, le compte que je partage avec Happy C (mon conjoint) depuis 1 an ne décolle pas des masses.

En même temps, on ne fait rien pour : on poste 1 fois par semaine (et encore, ça, c’est quand on est réguliers !), on ne vend pas du rêve à temps plein (bah, on n’a pas le gène du globe-trotting non plus) et on ne montre même pas nos tronches (apparemment, c’est pas bon, car cela ne permet pas aux (potentiel.les) abonné.e.s de s’identifier à nous).

Pour nous, Instagram, c’est notre album de photos digital, on ne veut pas en faire un lieu d’exhibition en mode m’as-tu-vu. Et puis, pour moi principalement, c’est un canal de diffusion (comme Facebook et Twitter) pour ramener les gens vers Madame Sans Tabous

Vu comme ça, vous devez vous dire : « Oh ben, bous avez un rapport hyper sain avec Instagram, en fait ! »

Eh ben, même pas, vous savez !

Si Happy C, lui, a une relation très distanciée avec Instagram (pour lui, c’est juste un moyen de travailler son œil photographique, de montrer ses photos au monde entier et de voir le travail d’autres photographes), moi, en revanche, c’est bien plus compliqué !

Vu que je n’exerce pas encore le métier de mes rêves (écrire pour des magazines, écrire des livres, écrire des scénarii), je trimballe toujours une certaine insatisfaction par rapport à ma vie. Cette insatisfaction me rend alors vulnérable, puisque entraînant bêtement, de ma part, une comparaison immature entre la vie des autres et la mienne.

Dans ces moments-là, mon utilisation d’Instagram s’avère toxique pour mon bien-être.

Ça a été à un tel point, l’automne dernier, que de moi-même, j’ai pris une grosse pause instagramesque.

Ça a duré un peu plus de 2 mois. Pendant cet intermède, c’est Happy C qui a continué à tenir les rênes des @les_pantouflards_errants .

Et puis, peu à peu, timidement, l’envie est revenue fin janvier…

Presque apeurée (ah, la fameuse crainte du junkie qui a une trouille monstre de replonger !), j’ai recommencé à suivre l’actualité des uns et des autres, recommençant à laisser des commentaires, mais tout en surveillant nerveusement mon temps passé sur Instagram (parce que je crois que, dans mon cas, c’est vraiment la dose qui fait le poison) .

Aujourd’hui, mon utilisation d’Instagram est davantage saine (bon, je touche du bois pour que ça reste ainsi). Le célèbre réseau social est redevenu ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être à mes yeux : une plate-forme visuelle, qui distille inspiration, motivation, bonnes ondes et bonne humeur (je re-touche du bois).

Pour cela , il m’a fallu revoir ma façon de fonctionner.

Les 4 changements qui m’ont été nécessaires :

1) Je m’abonne désormais en majorité aux personnes qui ont un mode de vie qui ressemble au mien et avec qui j’ai des similitudes.

Je ne suis pas une fashionista, je n’ai jamais suivi les tendances et depuis fin 2016, je n’ai pas acheté un seul vêtement.

Quel sens cela avait-il, donc, de m’abonner bêtement et en masse à des instagrammeuses mode dont le feed instagram est rythmé par les dernières virées shopping, moi qui ne suis plus dans cette consommation à outrance ? C’était absurde ! 

Je ne me suis jamais beaucoup maquillée (depuis 10 ans, ma routine maquillage se limitait à un trait de khôl). Mai 2017 : j’ai même viré complètement naturelle et je ne suis pas près de revenir en arrière.

Quant à ma routine beauté, elle se résume à une seule huile bio végétale (busserole, nigelle, germe de blé, etc… cela varie à chaque fin de flacon) que j’utilise en guise de crème de jour et de crème de nuit.

Quel intérêt avait-je alors à m’abonner aux comptes d’une trentaine de beautystas, dont le feed tourne autour des prochains bâtons de rouge à lèvres à tester, des derniers fonds de teint essayés et des dernières lotions terminées, alors que je pratique une routine beauté ultra-minimaliste ?

C’était stupide, stupide.

Je n’ai pas le gène du globe-trotting. Quelle aberration de m’abonner à des dizaines de comptes voyages… pour finir par ressentir de la jalousie envers les instagrammeuses voyage parce qu’elles sillonnent le monde et découvrent des endroits de rêve avec nuits dans des hôtels luxueux, tous frais payés, alors que je suis ultra-casanière, que je ne rêve pas de road trip et n’ai jamais eu l’âme d’une grande voyageuse ?

Ça n’avait pas de sens.

M’acheter des habits et des chaussures tous les mois, avoir les étagères remplies de produits de beauté, tester de nouvelles adresses, voyager vers destinations super lointaines, ça ne fait tout simplement pas partie de mon quotidien.

Alors, je préfère ne pas (trop) m’abonner aux personnes avec lesquelles je suis déconnectée et privilégier les abonnements chez celles avec qui je ressens un sentiment de proximité (l’amour de la lecture, de l’écriture, de la musique, des plantes, par exemple).

Et vous savez quoi ? Au fur et à mesure que mon feed instagram s’est rempli de photos de ces personnes avec qui je ressens une certaine proximité, un sentiment de bien-être a commencé à infuser en moi.

2) Je me suis désabonnée des comptes qui m’énervaient.

…lesquels étaient ceux dont la réussite professionnelle éclatante engendrait de la jalousie en moi (oui, j’ai honte).

Mais, cela ne suffit pas de se désabonner des comptes qui nous rendent jalouses, voyez-vous.

J’ai dû me regarder en face, sonder mon propre cœur et me poser les questions qui fâchent. Parce que, généralement, avec la jalousie, ce n’est pas l’autre personne le problème : c’est soi-même.

Ouais.

Répétons-le encore une fois.

Ce n’est pas de la faute de l’autre personne si vous êtes mal, en réalité : c’est quelque chose qu’elle a et que vous aimeriez avoir qui vous rend malade. La personne n’y est pour rien, rien, rien, rien.

La jalousie est un formidable révélateur de manques inavoués, de désirs inassouvis et d’envies enfouies. Alors, essayons de la prendre à bras-le-corps et de la transformer en quelque chose de positif.

PS : Ironie du sort, quelques mois plus tard, ayant eu le courage d’affronter les causes de ma jalousie et ressentant un mieux-être mental malgré le fait que ma vie n’avait pas radicalement changé, je me suis réabonnée à quelques-uns de ces comptes que j’avais fuis et les consulte avec plaisir et bonne humeur.

3) Je m’abonne aux personnes qui, par leurs choix de vie/mode de vie me donnent envie d’agir, d’oser, d’apprendre, de grandir et de (me) faire du bien.

Ce sont des personnes avec qui je partage les mêmes valeurs, les mêmes revendications et les mêmes convictions : le féminisme, le bio, l’écologie, le body positivisme.

Je m’abonne aussi aux comptes d’entrepreneures et de gastronomes (parce que se régaler, c’est déjà croquer la vie à belles dents).

Et je n’oublie pas les comptes qui encouragent tout cheminement vers un mode de vie plus respectueux des êtres humains, de l’environnement et des animaux (les écolos,  les adeptes d’une consommation durable, les zéro déchet, les locavores, les végéta*ien.nes, les véganes).

J’aime suivre toutes ces personnes parce qu’elles dégagent une énergie communicative et enthousiasmante : j’aime l’idée que ça déteint sur moi et que ça ne peut que m’amener vers le beau, le bien, le bon, le joyeux.

Car toute personne qui aligne ses actes avec ses convictions, est cohérente avec elle-même et cette honnêteté intérieure, cette harmonie ne peut que la rendre heureuse.

4) Au quotidien, j’essaie de limiter mon utilisation d’Instagram. Le but ? Éviter de m’adonner à une consommation machinale, voire compulsive d’Instagram.

Avant, quand je me connectais plusieurs fois sur Instagram et que j’y consacrais beaucoup de temps, j’en ressortais comme lessivée, vidée de toute énergie.

Après moult réflexions, j’ai compris que cette sensation de lourdeur et de perte d’énergie provenait du fait que consulter Instagram nous plonge dans un état passif. On est là, amorphe, neurones en mode off, à consommer passivement la vie des gens, avec des yeux de merlan frit.

À présent, quand je m’ennuie, quand j’ai envie de m’occuper (mais sans faire trop d’effort non plus), plutôt que de céder à la facilité en me jetant sur Instagram, j’essaie de lire (romans, BD, articles sur le web), d’écouter un podcast (« La poudre », « Nouvelle école », « Génération XX », « Noir sur table », j’adore !! ) ou – encore mieux ! – regarder au pif une saison entière de Friends , maintenant que Happy C m’a offert le coffret intégral !! (c’est d’ailleurs devenu mon rituel, le soir, dès que je rentre du boulot).

Et quand je n’ai pas spécialement envie d’aller sur Instagram, je m’écoute et je n’y vais pas, même si la tentation de le faire par automatisme me taraude.

Évidemment, je ne suis pas parfaite !

Des fois, je craque ! (surtout le samedi soir, quand je réalise que le week-end est presque fini et que le lundi approche… Et le dimanche, vers 17h, rebelote…).

La solution pour moi, quand j’y ai passé trop de temps (20-30 minutes, 1 heure !!), est donc de compenser ce moment d’inertie en étant active aussitôt après : je me dirige alors sur des activités dans lesquelles je vais me sentir fière de moi, à la fin de la journée (ça peut être un truc banal comme faire ma lessive, ranger/nettoyer l’appartement, cuisiner un bon p’tit plat ou faire des muffins pour le petit-déjeuner de la semaine).

Et quand je me sens fragile ou que j’ai l’impression que j’ai rien foutu de mon week-end, je m’emploie à fuir Instagram, comme si c’était la peste bubonique.

Au final, je me dis qu’avec Instagram, c’est la dose qui fait le poison et surtout que ce n’est pas tant l’engin, le problème,que l’utilisation qu’on en fait, en réalité.

Conclusion facile, c’est vrai, mais z’avez jamais remarqué que souvent les choses les plus évidentes sont souvent celles qu’on a tellement tendance à oublier ?

Ce texte vous a été concocté avec passion par Liberty Riveter.

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