Les 5 peurs qui m’empêchent de maigrir

Dans une énième tentative désespérée – et néanmoins remplie d’espoir – d’adoucir mes relations tumultueuses avec la nourriture, j’ai décidé de ravaler ma fierté et d’appeler à l’aide.

Et bon sang, il était temps !

Ras-le-bol de ce triangle toxique, à la je-t’aime-moi-non-plus, que la nourriture, mon corps et moi formons depuis presque 21 ans.

Pourquoi s’entêter à se débrouiller seule alors que je n’y arrive pas depuis 2 décennies ? À un moment donné, il faut savoir faire preuve d’humilité dans sa vie. Et accepter de se tourner vers les professionnel.les les mieux à même de nous aider.

Je suis vraiment déterminée à amorcer un changement alimentaire et surtout, je veux me donner les moyens d’y arriver.

Bref, je consulte la célèbre diététicienne Ariane Grumbach depuis octobre dernier.

Comme je voulais un suivi au long cours, j’ai souscrit à un forfait de 5 consultations pour la bagatelle de 300 euros (bah ouais, ça coûte cher d’apprendre à…moins manger).

Je veux tellement obtenir la paix avec la nourriture que je suis prête à faire une croix sur certaines de mes sacro-saintes habitudes chéries.

Un exemple ? Alors que je n’aime rien de mieux que de retrouver la douceur de mon appartement-cocon après chaque journée de travail, voilà que désormais, 1 fois par mois, après le boulot, dans la nuit et le froid de l’hiver, je dépasse l’envie d’annuler et de rentrer au chaud chez moi, galope du 12e au 9e arrondissement, fends l’horripilante foule compacte du métro St Lazare, zigzague au milieu de la vaste marée humaine à l’extérieur, tout ça pour retrouver Ariane à son cabinet parisien, à 18h30 tapantes.

J’aime beaucoup nos échanges, j’apprécie vraiment la finesse de ses analyses, j’aime son regard à la fois perçant et pétillant (j’y décèle même parfois une lueur malicieuse ! ), je me sens à l’aise avec elle. Je craignais d’être intimidée (vu que je la suis sur Instagram et Twitter depuis des années), mais, en fait, c’est pas du tout le cas.

Seul hic : je ne maigris pas.

Bah oui, ni les diététiciennes ni les nutritionnistes n’ont de baguette magique.

En consulter une ne veut pas dire que les kilos vont automatiquement s’envoler, comme par enchantement.

Le problème, c’est uniquement entre moi et moi.

Ma tête fait de la résistance, mon mental est faible, et mon ventre se sent vide quand il n’est pas plein à gerber.

À ce rythme-là, je peux dire adieu à mon objectif : perdre 10 kilos d’ici octobre 2020…

Heureusement, j’essaie toujours d’être lucide sur moi-même. De me regarder sans faux-semblants, sans (fausses) excuses. Être vraie avec moi à 200%. Et tant pis si ça me fait hyper mal.

Il ne me reste plus qu’un seul rdv avec Ariane. En avril.

(je préfère lorsque les rdv sont espacés, je ne ressens pas le besoin de la voir toutes les semaines ou même tous les mois ; et puis, je vais être honnête : il y a aussi l’aspect pécuniaire : je ne me sens pas capable d’aligner à nouveau 300 euros… Bien sûr, je peux toujours prendre des rdvs, hors forfait… Mais là aussi, à 70 euros, la séance, c’est un peu trop onéreux pour mon modeste budget. Il ne faudrait pas dépasser 5 séances, sinon je regretterais de ne pas avoir repris de forfait. J’ai cassé ma tirelire une fois, pas sûr que je puisse me le permettre deux fois… D’autant plus que – c’est idiot, je sais – mais, je me sentirais futile, superficielle, limite vaniteuse de claquer autant de fric pour mon physique).

Tout ça pour dire que j’ai 1 mois pour perdre au moins 2 kilos (non, Ariane ne m’a rien demandé ni imposé ; mais, j’ai pas envie d’affronter l’abominable vérité suivante : « J’ai consulté une diététicienne pendant plusieurs mois et j’ai perdu 0 kilo. Je suis tellement enferrée dans une situation malsaine avec la bouffe, que même en appelant une professionnelle à l’aide, j’ai réussi à échouer. »)

Donc, donc, donc… Je me suis regardée en face et au bout de mon introspection, j’ai dénombré 5 peurs paralysantes qui m’empêchent de maigrir.

Je vous les présente :

Peur n°1 : J’ai peur de ne plus me reconnaître physiquement et psychologiquement.

Bah oui, si je perds ces 10 kilos, ce sera toute ma garde-robe qui sera à refaire parce que toutes mes fringues seront bien trop grandes ; je ne porterai plus ces vêtements qui me sont familiers, que j’aime et qui font mon identité.

Il faudra que j’en rachète de nouveaux, que je fasse des recherches pour savoir ce qui correspondra à ma nouvelle silhouette, ma nouvelle image.

Et si je perds aussi les parties de mon corps que j’aime bien et qui sont, pour moi, mes atouts : la rondeur de mes épaules, ma poitrine généreuse. Et si je devenais plate du popotin ???? (non, je plaisante : j’ai toujours eu le popotin rebondi ; donc, j’ai une sacrée marge ! Ce qui ne m’enchante pas tellement, en fait…)

Et puis, peut-être qu’avec une grosse perte de poids, je vais aussi changer de caractère, de mentalité ? Je suis quelqu’un de profondément solitaire et casanier. Est-ce que je ne vais pas me transformer en quelqu’un qui adooooore aller au resto tout le temps, qui adore sortir le samedi soir ?

Est-ce que je ne vais pas avoir à me redécouvrir, me ré-explorer alors que je me connais déjà plutôt bien et que c’est confortable et agréable d’être à cette étape de familiarité avec soi-même ?

Est-ce que si je maigris beaucoup, je ne vais pas envoyer aux orties mes nouvelles convictions écologiques  ?

Depuis 1 an, je privilégie les vêtements d’occasion  et l’ancienne serial shoppeuse que j’étais s’est métamorphosée en une femme qui achète très peu de vêtements (même en friperies) ; je ne vois plus l’intérêt d’entasser des vêtements dans mes placards, je n’achète qu’en cas de besoin (et encore après une loooongue période de réflexion) ; je n’ai pas fait d’achats vestimentaires depuis l’été 2019.

Si je maigris beaucoup, est-ce que je ne vais pas tellement tomber en amour de mon nouveau corps au point de re-sombrer dans la frénésie du shopping ? Reprendre la mauvaise habitude d’aller au centre commercial, faire du lèche-vitrine et m’acheter un p’tit habit quand je m’ennuie ?

Peur n°2 : J’ai peur de ne pas parvenir à garder, sur du (très) long-terme, une alimentation composée de portions raisonnables.

…Et donc, de ne pas éprouver d’insouciance, de légèreté par rapport à la nourriture ; de devoir toujours faire attention à ce que je mange, de devoir toujours calculer mes portions.

Je vois déjà à quel point mes repas occupent un énorme espace mental dans ma tête (je consacre déjà beauuuuuucoup d’efforts et de réflexion à ne pas grossir et à manger le plus équilibré possible). Comment ferais-je pour ne pas être dévorée mentalement par la nécessité de contrôler/maintenir mon nouveau poids plume ?

J’ai peur d’avoir un rapport encore plus malsain avec la nourriture… De devenir psycho-rigide, obsessionnelle avec les quantités et le calcul des calories.

Peur n°3 : J’ai peur de maigrir, de tout reprendre et de devoir gérer mon sentiment d’échec + le regard critique des autres !!!!

Si je perds du poids, puis reprends tout, mon estime de moi va être fusillée et peut-être même qu’elle sera insauvable.

Je veux dire : on parle de 10 kilos, et pas de 2 kilos, quoi !

Et puis, il y aura des personnes (famille, connaissances, collègues) qui n’hésiteront pas faire des commentaires sur ma reprise de poids. Et, assurément, il y aura aussi des commentaires négatifs dans mon dos : « La pauvre ! Elle avait pourtant perdu beaucoup de poids et ça allait lui si bien… »

En gros : après les félicitations « Waouh, bravo ! Tu as super maigri ! », il faudra affronter les regards de pitié, les regards emplis de jugement, les regards contents de te voir échouer et redevenir la ronde de service.

L’échec, c’est un résultat déjà dur à encaisser.

Ça l’est encore plus lorsque l’entourage est témoin de votre défaite.

Peur n°4 : J’ai peur de perdre beaucoup de kilos…et, malgré tout, d’être déçue au final…

Des fois, je me projette : me voilà, j’ai maigri, j’ai atteint mon objectif poids et malgré tout, ma vie n’a pas changé !!!!

Je continue à échouer à des concours de nouvelles, mes manuscrits sont éjectés des maisons d’édition, ma vie professionnelle de salariée en mode métro-boulot-dodo se prolonge, je demeure locataire, je ne suis magiquement pas devenue plus sûre de moi, plus magnétique, plus en réussite dans tout ce que j’entreprends, quoi !

Et encore une fois, j’ai peur d’être déçue de mon nouveau physique. J’ai passé tellement d’années à m’auto-endoctriner avec la croyance que je serais tellement plus jolie, plus en amour avec mon corps si je perdais du poids ! Toutes mes super croyances s’effondreraient si je devenais enfin mince et que, CATASTROPHE !, je ne m’aimais toujours pas !

Ce serait horrible !

Peur n°5 : J’ai peur de réussir

Si je deviens mince, j’aurais accompli avec succès un projet que je porte depuis plus de 20 ans !

Ce serait LA preuve que je peux me fixer un objectif, travailler dur et Y ARRIVER ! Pour une fois.

Je serai 100000000 fois plus motivée pour persévérer dans d’autres projets, auréolée de cette première réussite éclatante.

Tout (me) sera possible !

C’est à la fois incroyablement excitant et terriblement terrifiant !

Ce texte vous a été concocté avec passion par Liberty Riveter.

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