Les hommes, leurs pénis et cette fichue obsession du centimètre !

L’autre jour, je discutais sexe avec mon pote ( R.).

Enfin, discuter, discuter…

Nous étions plutôt en train de nous chamailler parce que R. est persuadé d’être un super méga coup au pieu et qu’il refuse de ne serait-ce qu’envisager l’infime possibilité qu’un femme ait pu un jour simuler l’orgasme dans ses bras !

« Attends, je suis pas aveugle ! J’ai des preuves que je suis un bon coup ! Quand tu vois une femme littéralement convulser dans tes bras, c’est quoi ? C’est pas l’orgasme, ça ?! »

« Tu veux voir les griffures dans le dos qu’elles me font ? Ce sont pas des preuves, ça ? »

«  Écoute- moi : je suis pas un canard ! Je suis un vrai mec ! Aucune femme, qui a couché avec moi, n’a regretté l’expérience. Un mec qui couche avec une femme et qui n’est pas capable de la faire jouir devrait se poser des questions ! »

« Je connais bien le corps féminin. D’ailleurs, je peux te dire que pas mal de filles avec qui j’ai couché m’ont dit qu’elles regrettaient que ce ne soit pas moi qui les ai dépucelées ! »

Je ne dis pas que c’est un menteur : c’est juste que tant d’arrogance affichée, tant de certitudes énoncées me donnaient furieusement envie de percer sa grosse bulle de prétention. Vous me comprenez ?

D’autant plus qu’en tant que femme, ayant simulé un nombre incalculable de fois à la barbe et au nez de mes précédents partenaires (j’en ai parlé ici : https://madamesanstabous.com/simuler-au-lit-un-passage-oblige-de-la-sexualite-feminine-confessions-dune-ex-simulatrice/), entendre un homme clamer qu’il s’en serait rendu compte, c’était comme recevoir un camouflet.

Mais, alors que je ne trouvais pas d’arguments tangibles à lui opposer (après tout, à part lui reprocher d’avoir une tête aussi grosse qu’un melon d’Espagne, la féministe que je suis n’allait quand même pas déplorer qu’il prenne à cœur le plaisir féminin, non ? ), voilà qu’il débite un propos qui me fait littéralement bondir :

                  – Je te l’accorde : j’ai de la chance : j’ai été gâté par Dame Nature , j’ai un gros sexe. Ça aide, forcément.

                –  M’enfin !! Il ne suffit pas d’avoir un gros sexe pour être bon au pieu !!!! Encore faut-il savoir s’en servir !!!!

En prononçant ses mots, je me remémorais une vieille connaissance qui m’avait confié ne pas aimer coucher avec les mecs à gros pénis, parce que, m’expliquait-elle, ils étaient généralement paresseux au lit.

Ça se tient.

A l’évidence, si des mecs partent du principe idiot que la taille a une influence sur le plaisir féminin, bien sûr qu’ils ne feront pas l’effort minimum de donner des coups de rein dignes de ce nom ! Bien sûr qu’intéresseront à peine à leurs partenaires ( au revoir caresses, murmures et questions d’importance cruciale comme : «  et quand je touche ici, t’aimes bien ? », «  Et quand je fais comme ceci, ça te plaît ? ») 

Ben oui, ils se disent qu’ils ont un gros pénis, donc pourquoi se prendre la tête ?

Je vois déjà la scène :

Le mec se déshabille et, mains sur les hanches façon top-model, affiche un sourire conquérant et dédicace un regard fier à la demoiselle en pensant très fort :

«  Hey, cocotte ! T’as vu la taille de l’engin ? Alors, heureuse ? ».

Le rapport n’a même pas encore commencé, mais déjà, le mec est convaincu d’avoir assuré et fait mouiller la fille ! 

R. m’a fixé en souriant, avant de balancer :

                            – C’est toi qui va me faire le coup de : « La taille, c’est pas important » ? Un seul mot : «  Knacki Ball Boy ».

Ouais ok. « Knacki Ball Boy »référence à cet ex, que j’avais affublé de ce sobriquet, parce qu’il était affublé d’un pénis particulièrement microscopique.

Ce que R. n’avait pas pigé, c’était que la dureté dont je faisais preuve envers Knacki Ball Boy était la conséquence du mauvais traitement qu’il m’avait infligé durant les 3 longues semaines et demie qu’avait duré notre relation. Il avait été moqueur (au sujet de ma coiffure), manipulateur ( il était obèse et, alors qu’il était mal dans sa peau et que moi, de mon côté, j’avais perdu 4 kilos, il ne supportait pas que je fasse attention à mon alimentation et me criait dessus si je ne voulais pas manger sa cuisine toujours très calorique et si je ne finissais pas mon assiette qu’il remplissait volontairement à ras bord).

Mon attaque envers son pénis était le résultat de ma colère envers ce sombre abruti ; une volonté de le blesser à son tour comme il m’avait blessé, moi. Évidemment que s’il avait été un petit ami doux et attentionné, on serait peut-être encore ensemble, petit pénis et compagnie.

Alors, oui, je maintiens : la taille d’un pénis ne fait pas la réussite d’un rapport sexuel, même si – je le concède volontiers – se retrouver nez à nez avec un pénis riquiqui quand le porteur de l’organe est un vrai colosse, ça fait un sacré contraste !

Je dirais qu’un petit pénis, c’est plus un frein psychologique qu’un facteur absolument rédhibitoire.

Les hommes ne s’intéressent pas – assez – à la sexualité féminine !

Si les hommes s’intéressaient à la sexualité féminine, s’ils étaient un tout petit plus attentifs à la parole des femmes, ils ne continueraient pas à penser bêtement : « J’ai un grand pénis » = « Je suis forcément un super coup au pieu, puisque les gènes des super-coups-au-pieu sont dans les gros pénis ! ».

Si les hommes s’intéressaient à ce que les femmes pensent, ils demanderaient aux femmes quelles sont leurs préférences en matière d’esthétique du pénis.

…Et alors, ils constateraient qu’avoir un gros pénis, c’est leur fantasme à eux et que cela n’a absolument rien à voir avec ce que veulent les femmes !

Je ne compte plus le nombre de fois où, en parcourant les pages des magazines féminins, je tombe sur des courriers de lectrices écrivant ceci :

 Le pénis de mon homme est énorme. Quelles positions lui permettraient de me pénétrer sans que ce soit douloureux ? 

“  Mon petit ami a un gros pénis. Est-ce qu’il va distendre mon vagin de façon permanente ? 

Je suis folle amoureuse de mon chéri. Seulement, il a un gros pénis. J’ai peur que cela ne rentre pas en moi. Que faire ?”

Et vous vous rappelez, peut-être, cet épisode de “Sex & The City” dans lequel même Samantha – l’icône de la liberté sexuelle – prend peur devant le pénis immensément long de Mr Cocky ?

Ça donnait ça :

Elle : «  Alors, c’est bon ? »

Lui : « Non… Pas encore…»

Elle a posé cette question pas moins de 4 fois et lui disait toujours, en souriant d’un air gêné : «  Non… ». A chaque fois, elle croyait qu’il était enfin totalement au fond d’elle…mais hélas…, il restait encore un gros bout à l’extérieur…

Et puis, finalement, effrayée, elle a fini par demander au mec de bien vouloir se retirer………….

Ben oui, hein ! Loin de déclencher des fontaines de cyprine dans les vagins, les pénis à la longueur kilométrique sont une source de stress et d’inquiétude pour bon nombre de femmes : « Mon Dieu, ce truc ne rentrera jamais dedans ! Je vais me fendre en deux comme une noix de coco ! C’est une lame !…C’est un couteau !… C’est une épée ! Que dis-je, c’est un hachoir ?…C’est une tronçonneuse !! »

…Et pendant ce temps, sur des forums spécialisés (dont je tairais le nom), des mecs se rejoignent pour écrivailler à la gloire des gros pénis (oui, bizarrement, très peu de femmes – d’ailleurs, je n’en ai jamais vu ! – font des posts dans lesquelles elles s’extasient sur des pénis aux dimaètres, à la cirocnférence et aux longueurs monstrueuses. Curieux, non ? )

Savez-vous qu’il existe même une pratique sexuelle ( le cuckolding) où, grosso modo, un mec est sexuellement excité en voyant sa femme coucher avec un homme bien plus membré que lui ( lui qui a, bien évidemment, un pénis de plus petite taille).

Curieusement, alors que l’on voit peu de témoignages de femmes ayant initié ce types de rapports, l’on trouve pléthores de récits d’hommes étant demandeurs et ayant encouragé leurs femmes à pratiquer le cuckolding. Mmmmmm……………………………….

De quoi me conforter dans l’idée que ces éloges envers les gros pénis, c’est d’abord une affaire de mec à mec. En fait, les femmes ne sont que des prétextes dans ces obsessions hautement masculinistes !

Mais, les hommes ont réussi à se convaincre que les femmes ont les mêmes tares qu’eux : être obnubilé.e.s par le jeu de c’est-qui-qu’a-la-plus-grosse.

Ce texte vous a été concocté avec passion par Liberty Riveter.

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