Ingrid a des cheveux : histoire d’un retour au cheveu afro

Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas sur twitter, mais sur Instagram que j’ai déniché ma nouvelle invitée.

Une personnalité qu’on devine franche et fière, une splendide chevelure afro qui capte l’attention, un regard acéré, un style coloré mais surtout personnel, sans oublier un blog intelligent qui analyse la relation au cheveu crépu : Ingrid avait tout bon pour me plaire !

Ne restait plus qu’à la contacter !

Ce fut chose faite fin avril 2019. Début mai, excitée comme une puce, je lui envoyai mon questionnaire d’interview. Le 30 mai, comme convenu, Ingrid me renvoyait, par mail, les réponses à mes questions.

…Sauf que le 25 mai, mon Papa est mort. Et la vie, pour moi, s’est rapidement divisée en deux parties : « avant » et « après ».

J’avais beaucoup, beaucoup de mal à reprendre les projets démarrés pendant « ma vie d’avant ». ( dans le même registre, depuis 7 mois, j’ai beaucoup de mal à reprendre rdv pour voir ma coiffeuse attitrée… parce qu’elle officie dans un quartier que je fréquentais beaucoup « avant » ; je ne vous dis même pas dans quel état son mes racines et mes dreadlocks…).

Mais assez parlé de moi !

Place à Ingrid ! Je vous préviens : la lire a été une régalade. Gageons que vous en tirerez autant de plaisir que moi !

 

  1. Hello Ingrid ! Question autobio : Qui es-tu ? Où vis-tu ? Que fais-tu dans la vie ? On veut tout savoir !

Je m’appelle Ingrid, j’ai 29 ans et je vis à Paris depuis presque 10 ans.

J’exerce le métier de responsable éditoriale dans une agence digitale. Je gère donc une équipe de rédacteurs et je traite des actus mode, beauté, lifestyle, culture…

J’ai aussi un blog intitulé « Ingrid a des cheveux ». J’ai décidé de créer ce blog au moment où ma coupe afro a commencé à provoquer des regards très appuyés, des remarques, des gestes déplacés… C’est un moyen pour moi de m’exprimer sur ce que je vis au quotidien : porter une coupe afro en France, en 2019, c’est loin d’être facile, il faut le savoir.

Le blog me permet de témoigner, de militer pour que les cheveux crépus et frisés soient valorisés et d’encourager les femmes noires et métisses à assumer leurs cheveux naturels. C’est LE projet qui me tient à cœur.

2) Question cheveux : sur ton blog « Ingrid a des cheveux », tu as consacré plusieurs articles à ton rapport aux cheveux, le dégoût soudain pour ta chevelure lissée, le besoin du retour au naturel et le Big Chop qui en suivit.

(Pour les lectrices qui l’ignorent, le Big Chop est ce moment courageux, bouleversant et radical dans la vie des femmes Noires où, pour retrouver leur texture naturelle, elles se rasent la tête pour supprimer les cheveux défrisés).

Il y a divers degrés de Big Chop.

Pour ma part, je n’avais pas tout rasé façon boule à zéro (pas la force !), mais opté pour une phase longue de transition avec des coupages réguliers des longueurs défrisées. Comment as-tu vécu ce retour au naturel où l’on se retrouve avec des cheveux extrêmement courts et un visage quasi-inconnu ? (perso, je me souviens que je ne me sentais pas féminine du tout ! Et, pour compenser, je portais des bandeaux colorés et des boucles d’oreilles tout aussi colorées, comme pour m’assurer que tout le monde allait bien voir que j’étais une nana et non un mec ! Hahaha).

Alors, je l’ai extrêmement bien vécu.

J’ai réfléchi un an avant de sauter le pas, de faire mon big chop. C’est surtout là que le travail s’est fait.

J’en ai parlé à mon copain, quelques amis, ma famille… Avant de me rendre compte qu’ils n’avaient pas voix au chapitre. Mais j’avoue que ça me rassurait : je cherchais, à tort, leur approbation.

Pendant cette période, je me suis imaginée avec les cheveux courts des centaines de fois… J’ai pesé le pour et le contre. J’ai beaucoup lu sur le sujet aussi.

Le livre qui m’a vraiment convaincue que le retour au naturel était inévitable pour moi, c’est Peau noire, cheveu crépu, l’histoire d’une aliénation de Juliette Sméralda.

Dans cet ouvrage, la sociologue traite du rapport compliqué que nous avons avec le cheveu crépu et frisé : en gros, elle m’a expliqué pourquoi je déteste mes cheveux depuis que je suis petite.

Elle décortique le processus de détestation et l’aliénation autour du cheveu crépu. La claque.

Ce bouquin, c’est une révélation.

Donc le moment venu, j’étais plus que prête. J’ai adoré les cheveux courts. Je trouvais ça libérateur. Je n’ai pas trouvé que ça m’allait particulièrement bien, mais ça m’allait. J’ai pas eu besoin de compenser un soi-disant manque de féminité.

Au contraire, me couper les cheveux, c’était un geste un peu extrême en soi. Et ça m’a donc apporté une grande force. En revanche, j’ai eu les cheveux courts lorsque j’ai eu 12 ans. Et là, catastrophe, les gens me prenaient pour un garçon, j’étais très très mal dans ma peau. D’autant que que ce n’était pas mon choix. Mais à 25 ans, je l’ai beaucoup mieux vécu, parce que je l’avais choisi.

rpt

3) Question franche : après le Big Chop, t’est-il arrivé de douter de ta beauté, de te sentir moche ? Es-tu passée par une phase de doute, des moments durs où tu as regretté d’avoir tout coupé ?

Non, pas une seconde.

La seule chose que je regrette, c’est de ne pas avoir fait mon big chop plus tôt. Je m’aime beaucoup plus depuis que j’ai retrouvé mes cheveux naturels, c’est sans commune mesure.

J’ai défrisé pendant 10 ans, et c’était dur tous les jours, mes cheveux m’ont longtemps gâché la vie et aujourd’hui, ils me mettent en valeur.

Donc, définitivement non, pas de moments durs, ni de regrets, juste une expérience enrichissante, un « voyage capillaire » fabuleux. C’est d’ailleurs pour ça que j’encourage tout le monde à épouser sa vraie nature.

4) Question développement personnel : as-tu l’impression que ta vie a changé depuis que tu portes une coupe afro ? L’impression d’un changement dans ta conception de la vie, ta façon d’être, ton estime de toi ?

Oui, ma vie a clairement changé depuis que je porte une afro. À plusieurs égards d’ailleurs.

D’abord, dans la rue, je ne passe plus inaperçue.

Quand tu as les cheveux lisses, tu te fonds dans la masse. Mais lorsque tu portes des cheveux crépus ou frisés naturels et assez longs, tout le monde te regarde. C’est parfois très compliqué, mais on s’y habitude…

Le plus dur, c’est lorsque les gens ne montrent aucune discrétion ou lorsque des groupes entiers de personnes se retournent sur ton passage.

Je gère ces situations de mieux en mieux, mais ça reste difficile à vivre. Et bien sûr, y a aussi les gens qui me demandent si c’est une perruque, combien de temps je mets pour me coiffer, qui essayent de me toucher les cheveux, qui me prennent en photo… Donc, ça c’est un aspect. Après, y a aussi de très bons côtés. Je me trouve plus belle qu’avant. Je m’aime plus. Je pense que mon afro me met en valeur. Mon estime de soi a fait un bond. J’ai confiance en moi, beaucoup plus qu’avant. Mon rapport au corps aussi a changé. Je crois que suis plus indulgente avec moi-même… Et moins prompte à céder sans réfléchir aux injonctions de la société. Par exemple, je ne m’épile plus du tout depuis l’été dernier, sauf les sourcils. Je remets les diktats en question depuis que j’ai découvert que c’est pas la fin du monde de ne pas les suivre. Que c’est même libérateur et nécessaire. Les codes de la féminité ont changé pour moi. Je ne cherche plus à être féminine à tout prix, je cherche mon plaisir, ma satisfaction, ma liberté.

Quand j’avais les cheveux lisses, je mettais plus de jupes, de maquillage, de décolletés.

C’est bizarre, en me coupant les cheveux je me suis débarrassée de tout un packaging de féminité très très encombrant.

Attention : je ne dis pas que je ne me maquille plus ou que je n’ai plus envie d’être féminine ou de plaire. Juste que la pression est beaucoup moins forte pour moi. Je ne suis pas sortie d’affaire, mais je questionne, et j’ai pas peur de dire que la vision commune de la féminité ne me va pas. On peut dire que je suis un peu plus badass qu’avant, haha. Mes cheveux me donnent beaucoup de force.

5) Question job : As-tu déjà été confrontée à des collègues ou supérieurs hiérarchiques qui t’ont dit que l’afro n’était pas professionnelle ? Perso, travaillant dans le social (un milieu plutôt décontracté), je n’ai jamais eu la moindre petite remarque concernant mon afro. En revanche, ma petite sœur travaille dans la finance. À une époque, voulant avoir un afro comme moi, elle avait arrêté les défrisages, les tissages et les perruques et était revenue au naturel. Un jour, elle est arrivée au bureau avec son bel afro tout rond et son chef lui a assené, texto : « Mais, J., il faut se coiffer ». Elle est retournée aussi sec aux tissages.

Je bosse dans ma boîte actuelle depuis 2 ans et demi et non, jamais un souci.

Ah si, une fois un collègue m’a dit que moi, je n’allais pas chez le coiffeur mais chez un horticulteur… Je lui ai tendu la carte de mon blog, histoire qu’il apprenne 2-3 trucs…

Mais sinon non, aucune réflexion.

Je dois dire que je travaille dans un univers décontracté, également. Je suis rédactrice, je gère une équipe, je croise les clients 2 fois par an, et non, pas de souci.

J’ai passé mon entretien d’embauche avec cette coupe (je la porte 365 jours par an) juste plus courte, donc j’ai pas peur de louper un job à cause de ça.

Si une boîte ne m’embauche pas pour cette raison, ça m’arrange : travailler pour ou avec des racistes, ça ne m’intéresse pas des masses de toute façon. Et avant ça, juste après le big chop, j’avais donc une mini afro, j’ai bossé dans une grosse société, et pareil, pas d’incident à déplorer, du moins venant de la hiérarchie…

Mais j’y ai essuyé les remarques très déplacées d’une collègue qui m’a très sérieusement demandé si j’avais des insectes dans les cheveux… No comment. Cette personne est visiblement bête. J’ai tendance à dire que j’ai de la chance dans ma boîte actuelle mais en fait non, c’est juste normal.

Après, je pense que si je travaillais dans une banque ou la finance, ce serait clairement différent.

Les cheveux crépus et frisés sont exclus de ces univers. Considérés comme pas coiffés, négligés (ce qui est totalement faux) selon les critères des Blancs, nos cheveux doivent être cachés, modifiés, martyrisés pour rentrer dans les cases.

Je ne blâme pas les gens qui se soumettent et se lissent ou se modifient les cheveux (faut bien bouffer), je comprends, mais c’est totalement injuste, il faut que ça change.

6) Question qui fâche : En te touchant les cheveux sans ton consentement, en te posant plein de questions sur ton afro, on peut clairement affirmer que les gens te réduisent à tes cheveux. (Tiens, ça me fait penser à la chanson d’India Arie, tu sais : « I’m not my hair »).

Mais, ne crains-tu pas de toi-même te réduire aussi à tes cheveux en ayant un compte Instagram et un blog qui consacrent une large place à tes cheveux, sans compter ton look souvent esprit seventies-eighties (époque où justement l’afro était en vogue) ?

 

C’est un sujet qui me passionne.

Comprendre comment on en est arrivé à traumatiser des générations entières et les amener à détester leurs cheveux.

Je suis passionnée, j’ai toujours aimé échanger, discuter, convaincre.

Me montrer, en parler, c’est une manière pour moi d’éduquer les gens, de conjurer la malédiction qui touche les cheveux crépus. Je crois avoir un esprit combatif et que valoriser les cheveux crépus, c’est ma cause à moi.

Quoi qu’il arrive, les gens viennent vers moi, me questionnent, m’agressent autour de mes cheveux. Donc autant m’emparer du sujet, prendre les devants.

Ce blog, c’est d’abord ma thérapie et si je peux aider d’autres personnes à mon petit niveau, c’est tant mieux. Mais je n’ai pas peur d’être réduite à ça, les gens que je côtoie et qui me connaissent savent que je peux parler de bien d’autres choses, heureusement ! Mais c’est un sujet qui me passionne, je ne peux pas dire le contraire.

Pour ce qui est de mon style, il est très… Éclectique, lol !

Un jour je me prends pour le Prince de Bel Air, le lendemain Angela Davis et un autre jour je suis bohème…

Je crois que je suis attirée par les eighties et les seventies car c’est une époque où le cheveu afro était valorisé, où cette coupe était hyper répandue. Donc cette esthétique, qui est la seule à me ressembler, elle m’attire forcément.

Moi je ne me retrouve pas, par exemple, dans l’image de la parisienne. J’y vis depuis presque 10 ans, mais c’est pas mes codes, esthétiquement parlant : j’ai pas les cheveux lisses, j’ai pas de frange, je fais pas du 34, je suis pas minimaliste…

Bien sûr, il y a toute sorte de parisiennes, mais l’image qu’on nous vend, c’est toujours la même, et elle exclut beaucoup de monde.

Il y a encore si peu de représentations de mes cheveux dans les pubs, à la télé, dans les magazines ou dans la rue, que les inspirations sont réduites…

Du coup, naturellement, je vais vers ces styles vintage.

Mais c’est à double tranchant parce que si je mets un pattes d’eph, on m’appelle Angela Davis tout le temps. Donc chiant. Et surtout, ça veut dire qu’on peut très vite tomber dans le déguisement et enfermer le cheveu afro dans une époque. Et ça, je ne pense vraiment pas que ce soit souhaitable. Il faut que le cheveu crépu ait sa place aujourd’hui, en 2020.

Après, on ne va pas se mentir, les seventies, eighties et nineties sont actuellement très à la mode. Donc, adopter cette mode, ça n’a rien d’original. Sauf que mes cheveux à moi exacerbent le côté rétro. Je ne vais pas m’interdire d’adopter la mode actuelle juste parce que les gens projettent des choses sur moi. Ce qui arrive quoi que je fasse…

7) Question poil : sur ton blog et ton Instagram, on t’aperçoit avec des jambes et des aisselles poilues. As-tu toujours eu une relation décomplexée et d’amour avec tes poils ? Quel a été le cheminement qui t’a conduit à abandonner cire dépilatoire et rasoirs ? Et comment fais-tu pour ne pas te laisser affecter par les regards curieux ou désobligeants des gens ?

Non pas du tout, je n’ai pas toujours eu une relation d’amour avec mes poils.

Comme beaucoup de personnes, je m’épile ou me rase depuis l’adolescence. J’étais très complexée, aucun poil ne devait dépasser. J’avais une relation tout à fait classique avec mes poils. Enfin pour une femme. Il fallait les éliminer, quoi.

Mais porter ma coupe afro tous les jours, c’est un peu comme me balader avec un gros « Fuck la société ! » sur le front, donc je me suis dit que les poils, c’est la suite logique.

C’est venu naturellement en fait. Je me suis réapproprié mes cheveux et le corps est venu ensuite. C’est tout simple.

Je ne me force plus à rien concernant mon physique. Et l’épilation, c’est une grosse contrainte : ça coûte de l’argent, ça prend du temps, c’est une charge mentale, ça peut être douloureux.

J’ai commencé par laisser pousser les poils des aisselles, c’est le plus discret. Et les jambes ont suivi. Merci mais non merci, cet esclavage est fini pour moi. Enfin je ne suis pas à l’abri d’une rechute mais l’objectif c’est de ne plus y revenir.

Concernant les regards des gens, en fait y en a pas. Je suis la première étonnée, je pensais que ce serait très difficile mais les gens remarquent à peine les poils, pourtant, y a du monde sur mes mollets, haha.

Le tout c’est d’être sûr de soi, de ne pas y penser. On se monte la tête tout seul, on croit que les autres vont nous regarder avec dégoût… Mais tout le monde s’en fout… Raison de plus pour arrêter de se torturer.

8) Question Cupidon : Quelle a été la réaction de ton amoureux lorsqu’il a compris que ça y est : tu ne t’épilerais plus. Était-il choqué, déstabilisé, réticent, vexé de ne pas avoir son mot à dire ou plutôt indifférent ? Ou même content pour toi ?

Mon partenaire a assez mal pris la décision. Au début, dur pour lui de regarder mes jambes poilues. Donc, carrément déstabilisé et réticent. Mais il a compris mon choix et aujourd’hui, je pense qu’il a oublié, c’est même plus un sujet. Nos relations n’ont pas changé, comme quoi, c’est juste une question d’habitude. Et puis c’est mon corps donc je fais ce que je veux. D’autant que lui ne s’épile que très rarement. Donc bon, il est mal placé pour râler.

9) Question lifestyle : Quelles sont tes bonnes adresses ? (friperies, restos, bibliothèques, musées…) Un pays qui t’a ébloui ?

Plus que les friperies, en ce moment c’est Emmaüs Alternatives qui m’habille.

J’assiste à toutes leurs ventes où le kilo de fringues est à 10 euros. C’est LE bon plan : on fait du shopping et une bonne action par la même occasion.

Par contre, il faut s’armer de patience, aimer fouiller. Mais on trouve toujours des pièces chouettes et c’est vraiment pas cher !

En ce moment, je fréquente aussi beaucoup de dépôt vente « Bobby » au métro Sentier. Leur sélection est super sympa, y a du Zara mais aussi des grandes marques. Moi, j’achète mais je vends aussi là-bas. C’est un bon moyen de vider son dressing !

Et sinon en friperie, je recommande « Mad Vintage » à Beaubourg, ils ont plusieurs boutiques. Soyons honnête : c’est de la fripe chère, (robe 18-25 euros, jean 29-39 euros, manteaux 79 euros, t-shirts 15 euros…), mais la sélection est très belle et je trouve toujours quelque chose !

Bon point : l’échange/avoir est possible jusqu’à trois jours après l’achat. C’est rare pour une friperie !

Pour manger, je recommande « In bocca al lupo » : un petit restaurant italien dans le 18ème où les pizzas sont à tomber (et c’est une connaisseuse qui vous parle : mes grands-parents maternels sont italiens). J’y vais régulièrement, c’est mon petit plaisir.

Enfin, je n’ai pas énormément voyagé mais mon pays coup de cœur, c’est la Thaïlande. Je m’y suis sentie si libre. C’est merveilleux, les plages sont paradisiaques, la nature y est luxuriante. C’est mon plus beau voyage.

10) Question culture : Tu veux bien partager avec nous les livres, films, expos qui t’ont le plus marquée ?

Je viens de finir Sorcières de Mona Chollet. J’ai adoré. Ça parle de la place de la femme dans la société, de maternité…

C’est juste criant de clarté, c’est inspirant, bref, homme ou femme, il vous faut lire ce livre, ça ouvre des portes de réflexions incroyables et passionnantes.

Je parle cheveux et racisme sur mon blog, mais je suis aussi une fervente féministe. Une autre lecture importante pour moi c’est Ne suis-je pas une femme, de Bell Hooks. Je ne saurais dire à quel point ce livre m’a marquée.

Il est paru dans les années 70, mais beaucoup de choses sont malheureusement encore d’actualité.

Bell Hooks est une femme noire qui raconte l’histoire des femmes noires aux Etats-Unis de la période de l’esclavage jusqu’aux années 70.

C’est absolument passionnant. C’est très bien écrit. C’est aussi triste, choquant, rageant mais tellement nécessaire. Vraiment un livre important que je vous recommande chaudement.

Pour les expos, Toutankhamon ! Et dernièrement, j’ai aussi vu Le modèle noir, au Musée d’Orsay. Vraiment magnifique. De voir des corps noirs sublimés dans la sculpture ou dans la peinture classiques c’est à la fois émouvant et beau. C’est très bien foutu, on apprend beaucoup de choses, on en prend plein les mirettes, je recommande.

Pour les films, j’aimerais parler de Nappily Ever After, un film Netflix qui raconte un big chop. Un film sur ce sujet, ça mérite qu’on en parle, même si c’est loin d’être un chef d’œuvre.

Mais c’est intéressant, c’est divertissant et ça a le mérite de mettre le sujet sur la table, pour une fois !

J’aime beaucoup de films, et ils me touchent tous d’une manière ou d’une autre, mais je crois que mon film préféré reste Danse avec les loups. C’est une ode à la nature et ça me bouleverse. Pareil pour Légendes d’automne, un autre film que j’adore.

11) Question musique : T’écoutes quoi en boucle, en ce moment ?

Je suis pas très branchée, la plupart du temps, j’écoute des vieux tubes R’n’B des années 90… Haha je vis dans le passé.

Mais je peux parler de mon dernier coup de cœur musical en date. J’aime beaucoup le titre SLT de la chanteuse Suzane. Dans cette chanson, elle dénonce le harcèlement dont sont victimes les femmes dans la rue ou en ligne. C’est un titre fort qui rend compte d’une triste réalité. Je me réjouis de voir une femme s’emparer du sujet avec autant d’efficacité ! C’est cru, c’est violent dans les paroles, mais c’est bien réel et ça rend le titre efficace. Espérons que le message passe !

Merci Ingrid pour cette interview !

Encore plus plus d’Ingrid ?

Retrouvez-là sur son blog : ingridadescheveux.com

Sur Instagram :https://www.instagram.com/ingridadescheveux/

Copyright photos : Ingrid.

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