Roselaure : « L’amour apporte l’amour » Carpe Diem.

C’est grâce au blog que j’ai connu Roselaure !

Elle avait retwitté l’un de mes articles – et pas n’importe lequel : celui dans lequel j’évoquais la gigantesque pression sociale autour des femmes trentenaires n’ayant pas (encore?) d’enfants. (dispo ici : https://madamesanstabous.com/pas-denfants-a-36-ans-les-gens-paniquent/ )

Clairement, l’un des articles où je me livre le plus et qui m’a demandé beaucoup de temps d’écriture. Beaucoup de courage aussi…

Alors, bien évidemment, quand j’ai reçu la notification par gmail m’annonçant qu’une mystérieuse @roselaure_L avait retwitté mon article, j’ai été flattée d’abord, mais aussi, très vite intriguée.

Un p’tit tour sur son feed, quelques MP échangés et là, je tenais une certitude : j’avais affaire à une jeune femme sensible, solaire, intelligente et, par dessus tout, lucide sur le monde qui l’entoure.

Tout à fait le profil pour figurer sur le blog, en fait !

1) Si tu devais te présenter en quelques mots, que dirais-tu ?

Je me prénomme Roselaure (les connaisseurs auront reconnu un prénom « typiquement » d’origine haïtienne), j’ai 34 ans depuis peu.

Cette rentrée, j’ai repris des études dans le domaine de l’assurance et ne suis pas peu fière de moi pour cela. J’ai toujours voulu faire des études, mais la vie en avait décidé autrement.

Je vis en couple en Province et je n’ai pas d’enfant.

2) Tu portes tes cheveux au naturel. Est-ce que ça a toujours été le cas ? Quelle est ta relation avec ton cheveu crépu ?

Je n’ai pas toujours porté mes cheveux au naturel – et pour cause ! A 13 ans, j’ai fait une crise à ma mère pour qu’elle me les défrise car, marquée et fatiguée par la galère que représentait chaque séance de coiffage avec elle.

J’ai ensuite enchaîné les défrisages, puis, plus tard, les tissages (pas toujours exécutés de façon très « care » avec une importante tension sur les cheveux fins de l’avant de la tête).

En toute sincérité, j’ai commencé à m’intéresser au retour au naturel en découvrant le blog « Black Beauty Bag », de Fatou N’Diaye, il y a de cela 5 ans.

Cette amour qu’elle vouait à son nuage de noir m’a épaté et je me suis dit qu’il était tant pour moi d’assumer mes cheveux.

J’ai donc cessé les défrisages. Puis, j’ai commencé à porter des tresses en coiffures protectrices. Consciente de leur état de fragilité, j’ai pris la décision de me couper les cheveux !

Dans un premier temps, j’ai opté pour une coupe très courte sur les côtés et de la longueur sur le dessus, mais je n’ai pas trop accroché et ai décidé de tout couper à Noël 2015.

3) Quel est ton rapport avec ta peau d’ébène ? L’as-tu détesté à une époque de ta vie ? As-tu jalousé les personnes à peau claire et si oui, à quel moment es-tu passé de la détestation à l’amour de ta peau ?

Pour ce qui concerne ma peau, la relation a été tout autre. J’ai toujours aimé ma couleur de peau, même si, plus jeune, je me demandais pourquoi les garçons noirs faisaient une fixette sur les filles à la peau plus claire.

4) A une femme Noire qui déteste ses cheveux, que lui dirais-tu pour l’aider à voir la beauté qu’il y a en eux ?

Je lui dirais de simplement prendre le temps de les redécouvrir afin de, petit à petit, apprendre à les aimer.

L’amour apporte l’amour. Donc, en donnant de l’amour à ses cheveux, ils la lui rendront.

5) Que dirais-tu à une femme Noire qui se dépigmente la peau afin de la convaincre d’arrêter ce processus destructeur ?

Je lui dirais regarder autour d’elle afin de rendre compte du nombre de personnes qui « tuerait » pour avoir notre carnation.

Toute plaisanterie mise à part, je lui conseillerai, comme pour ses cheveux, d’« embrace » cette couleur de peau avec tout ce qu’elle comporte d’Histoire, de vécu, de douleur et surtout de fierté.

6) Quelle est la plus grande leçon que tu aies tiré de ta vie amoureuse ?

Rester dans une relation en se disant « il changera pour moi ». Ce n’est pas sain pour soi et rien de bon ne sort vraiment de cette utopie.

Il ne faut surtout pas hésiter à « oser » l’égoïsme en se demandant si la relation rend heureuse ou si tout est combat, lutte, soumission. Car, il n’y a qu’en étant soi-même épanouie que l’on peut transmettre pleinement et sainement son amour.

7) Quels sont les livres, films, titres musicaux qui t’ont le plus ému ?

Incontestablement : « We should all be feminists », fameuse retranscription du discours de Chimamanda Ngozi Adichie aux TED Talks. A faire lire tant aux jeunes filles qu’aux jeunes hommes.

Pour la musique : « Feeling Good » de la grande Nina Simone et « Diva » de Beyoncé. Un combiné des deux dans le casque, le matin, et la journée ne peut que bien démarrer !

8) Quelle leçon de vie aimerais-tu partager avec nous ?

Toujours, autant que faire se peut, faire ce que notre cœur nous dit.

9) Quelle est ta plus grande fierté ?

Ma reprise d’études.

10) Quel est le mantra, la phrase de sagesse ou le proverbe qui t’inspire le plus ?

« Vous deviendrez peut-être riche mais aurez du mal à être satisfait. Être capable de couper le nœud de la cupidité est ce qui compte vraiment. » (Mantra présenté par le moine bouddhiste français Matthieu Ricard).

Merci, Roselaure, d’avoir accepté cette demande d’interview 🙂

Encore plus de Roselaure ?

Retrouvez-la sur twitter : @roselaure_L

Et sur instagram : https://www.instagram.com/rose_me

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