Scoop : je gère ma vie pro comme ma vie amoureuse, et tout va beaucoup mieux !

Franchement, pendant ma vingtaine, j’ai enfilé les relations amoureuses calamiteuses comme d’autres enchaînent des pets après un bon plat de chili con carne !

Jugez plutôt !

Il y a eu :

  • Le petit ami homophobe et – maintenant que j’y pense avec le recul – certainement gay refoulé.

  • Le petit ami autoritaire et à micro-bite (3 cm au repos et à peine 4 centimètres et demi en érection. Je vous jure que c’est vrai !!!!!! )

  • Le mec avec qui j’ai fricoté et qui était très beau garçon (non mais vraiment canon, quoi ! ) mais complètement macho et obsédé par la sodomie (non, mon vieux, t’auras pas mon trou de balle ! Et tu ne l’as pas eu, d’ailleurs ! )

Et il y a eu ce voisin qui avait complètement flashé sur moi – ou plutôt sur ma grosse poitrine – et qui me suppliait à chaque fois de lui montrer mes seins.

Et aussi cet autre voisin – décidément ! – que je voyais comme ça, sans attentes particulières. Honnêtement à l’époque, je m’étais faite larguer comme une pomme de terre pourrie par un mec que j’avais rencontré sur un forum de discussions et dont j’étais tombée folle amoureuse. Je me remettais donc de ce chagrin d’amour particulièrement long à cicatriser. De son côté, lui essayait désespérément de conquérir une nana depuis 4 ans, sans succès. Ce sont nos peines de cœur qui nous ont rapprochés et permis de démarrer une certaine camaraderie. Enfin, je dis « camaraderie », mais Mr avait visiblement une autre vision de nos rapports, car par une belle après-midi ensoleillée, de façon tout à fait inattendue et soudaine, il m’a proclamé un simulacre de déclaration d’amour, la bouche en cœur, l’œil brillant et la voix volontairement douceâtre du pire politicien : « Si jamais ça ne marche pas avec Lara, c’est avec toi que je veux être. »

NON MAIS QUEL BIP BIP BIP DE BIP !!

Peut-on faire pire comme proposition humiliante ? Je ne pense pas !

Peut-on être plus goujat, plus imbu de soi, plus imbécile ? Je ne le pense pas non plus !

Je vous rassure : je lui ai bien rabattu son caquet et notre « camaraderie » s’est stoppée net.

Toujours est-il qu’à l’aube de mes 30 ans, confrontée à tant de déconvenues avec les porteurs de chromosomes XY, j’ai pris le parti de me fixer un certain nombre de critères de sélection masculine.

Le but ? Ne plus perdre mon temps avec des mecs nuls et immatures, mieux m’entourer tant sentimentalement qu’amicalement, incarner la maxime : « Mieux vaut être seule que mal accompagnée », augmenter mes chances de potentiellement rencontrer l’âme sœur.

Et ça a marché ! Depuis plusieurs années, je roucoule avec un homme -un vrai- gentil, généreux, doux comme un agneau, fort comme un taureau dans l’amour et le respect mutuel. Tchin tchin !

Par contre, si en amour, c’était bonheur et prospérité, dans ma vie professionnelle, ça continuait à être le chemin de croix, le tout saupoudré à la sauce de la boule au ventre, assaisonné d’une pointe du blues du dimanche soir.

Et puis, un jour, eurêka ! L’étincelle a illuminé mon cerveau ! La vérité m’est apparue dans toute sa luminescence !

Pour me donner les moyens de rencontrer un homme bien et avoir une relation amoureuse saine, j’avais fait montre de rigueur et d’exigence.

Or, dans ma vie professionnelle, mon fonctionnement était plus erratique : je m’ennuyais généralement très vite, trouvais toujours sujet à me plaindre intérieurement, changeais d’entreprise et d’association aussi vite que Buzz l’Éclair, n’arrivais jamais pleinement à m’intégrer, ne percevais que les défauts de mes collègues, me sentais incapable d’être heureuse dans le monde du travail.

Professionnellement, je ne faisais jamais de plan de carrière, jamais de stratégie, je n’avais pas de réels critères de sélection, je n’avais même pas d’ambitions, préférant me laissant porter par le vent de mes continuelles envies de changement.

Donc, comment diable pouvais-je espérer trouver une once d’épanouissement professionnel, alors que je ne montrais pas un seul gramme de rigueur et d’exigence dans la gestion de ma carrière ?

De l’avis de tous (hiérarchie comme collègues), j’étais une employée efficace, une exécutante fiable et bosseuse. Mais de l’avis de tous aussi, j’étais bien trop instable. Pendant que d’autres tissaient leur carrière méthodiquement, telle l’araignée avec sa toile, moi, je tricotais l’errance de façon constante.

J’ai bien réfléchi et maintenant, je peux le dire : vie amoureuse, vie professionnelle, même combat ! Chères toutes, menez votre vie amoureuse et votre vie pro avec exactement les mêmes règles !

Règle n°1 : De la même façon qu’il est hasardeux de sortir avec un mec qui ne nous plaît pas tout en spéculant que ça finira pas passer, qu’on finira par tomber amoureuse de lui et être pleinement heureuse avec lui, il est risqué de postuler à emploi qui ne nous plaît pas (ou de postuler dans une boîte qui ne porte pas nos valeurs) en espérant quand même y trouver le bonheur professionnel.

C’est vrai, quoi ! Que fait-on quand on veut une belle relation ? Réponse : on fait preuve de bon sens en choisissant de sortir avec un homme pour qui on ressent une attirance, une étincelle, le début du commencement d’un sentiment amoureux.

Alors, n’est-ce pas illusoire d’espérer trouver paix, sérénité et bien-être en postulant à un poste qui ne nous fait pas vibrer ? En s’engageant dans une boîte dont on sait d’emblée qu’on ne partage pas les valeurs ? En intégrant un poste/une boîte dans laquelle on perçoit confusément qu’on ne s’y épanouira pas ?

Moralité : En amour comme au travail, si l’on veut se donner une chance d’être épanouie, allons uniquement vers ce qui nous attire irrésistiblement.

Règle n°2 : De la même façon que, si vous êtes prévenue qu’un mec est un vrai sac à emmerdes, votre réaction immédiate est de prendre vos jambes à votre cou, ayez le réflexe de prendre la poudre d’escampette si une boîte sent les embrouilles à plein nez.

Quand j’étais célibataire, si un mec avait une réputation avérée de bourreau des cœurs, de coureur de jupons, d’immature ou de réfractaire au moindre engagement OU pire : si lui-même se décrivait comme un mec compliqué, ni une ni deux, je prenais la tangente en mode « Merci, mais non merci : j’ai autre à chose à faire que de me lancer, en toute connaissance de cause, dans un bourbier ! Je suis pas maso ! ».

Bizarrement, dans le monde du travail, j’étais incapable de faire preuve du même discernement ! Pendant l’entretien d’embauche, la recruteuse me prévenait qu’il régnait une ambiance délétère parmi les employé.e.s ? Au lieu de prendre mes cliques et mes claques, je lui serrais la main en guise de : « Je suis votre femme » et, bien évidemment, quelques semaines plus tard, je comprenais ce que la recruteuse avait voulu dire par « ambiance délétère », je me mordais les doigts et me minais le moral pendant des mois en me demandant POURQUOI mais ô POURQUOI, j’étais allée me fourrer dans cette foutue galère.

Moralité : ne vous contentez pas de fuir les mecs toxiques, fuyez aussi les ambiances toxiques au travail.

Règle n°3 : De la même façon que le respect mutuel, l’implication commune et l’empathie sont les valeurs cardinales qui doivent régir un couple, il est tout aussi important de veiller à être traité avec humanité et respect sur son lieu de travail.

Nous savons toutes, au plus profond de notre âme, qu’il n’est pas acceptable d’être malmenée, maltraitée, objétisée, instrumentalisée, violentée dans une relation amoureuse.

Nous savons intimement qu’en tant qu’être humain, nous devons être traité avec respect, empathie, équité et gentillesse.

Alors, pourquoi, dans le monde du travail, sommes-nous prêtes à rationaliser les comportements abjects ? Pourquoi dans un contexte professionnel, sommes-nous prêtes à encaisser plus que de raison ? À prendre sur nous au point de nuire à notre santé physique et mentale ?

Moralité : n’acceptons pas stoïquement, sur notre lieu de travail, des attitudes que nous ne tolérons pas dans notre vie amoureuse. Et réciproquement.

Règle n°4 : quand vous signez un contrat d’embauche pour un emploi précis, quand vous êtes recrutée pour un poste spécifique, évitez de vous projeter sur d’autres postes sous prétexte d’avoir de l’ambition et de faire votre trou, au risque de creuser la tombe de vos propres désillusions.

Certes, il est possible et compréhensible de percevoir un poste comme un tremplin. Mais ne soyez pas si obnubilée par la perspective du tremplin au point de vous bercer d’illusions et d’avoir des attentes démesurées par rapport à votre employeur ou votre boîte, qui eux, ne vous ont pas promis un poste X, Y, Z dans le futur. Vous avez signé à une date X pour un poste X. Ensuite, c’est vous-même qui vous emballez et projetez d’obtenir un poste Y à une période Y.

Souvent, on accepte un poste en-dessous de nos capacités, de nos compétences ou de notre potentiel en pensant : « Quand ils me connaîtront mieux, il me proposeront tel poste. », « Quand j’aurai prouvé que je suis meilleure que telle ou telle personne, là, ils verront qu’ils peuvent me confier telles responsabilités. »

Les mauvaises ambiances au boulot sont très souvent causées par des gens d’une ambition féroce, infoutus de rester dans leur périmètre d’action, déterminés à piquer les missions des autres et obsédés à l’idée de supplanter leurs collègues.

Les frustrations professionnelles sont souvent le résultat d’un poste accepté, mais mal cerné. D’un poste qu’on a accepté, tout en espérant secrètement plus. D’un poste qu’on a accepté, mais dont on sait pertinemment au fond de son cœur, qu’il ne nous plaît pas dans le moment présent.

Accepter d’intégrer un poste qui ne vous satisfait pas entièrement, c’est d’emblée accepter des conditions peu épanouissantes pour vous. C’est comme accepter de sortir avec un mec qui a défini ses conditions, dire que vous êtes OK avec ces conditions-là… et ensuite, attendre plus de la relation que ce que vous aviez conclu tous les deux.

Intégrer un poste dont les missions vous semblent insuffisantes ou peu satisfaisantes, et espérer plus de l’entreprise ou de son employeur, c’est comme rencontrer un mec qui vous dit ne chercher qu’une relation du type sexfriend ; vous acceptez alors d’entamer une relation purement physique avec lui, sans le moindre engagement… et, néanmoins, vous vous prenez à spéculer sur le fait qu’il change d’avis prochainement et que la dynamique de la relation se modifie pour mieux vous convenir.

Moralité : quand un contrat est fixé et signé, il est signé, point final. Si vous espérez plus, c’est à vos risques et périls. Si vous espérez plus, c’est vous et vous seule qui cassez le contrat de départ ; votre espérances, vos attentes, vos rêves secrets ne concernent que vous et vous seule, et n’engagent l’autre en rien.

En amour comme au travail, ne cultivez pas des attentes à sens unique, ne faîtes pas des projections à sens unique, ne spéculez pas sur l’autre, ses projets et ses sentiments.

Ce texte vous a été concocté avec passion par Liberty Riveter.

2 Commentaires

    • Merci, Miss Avery, pour ton commentaire 🙂
      Et pour la comparaison « gestion vie amoureuse/vie pro : mêmes règles, même combat », elle ne m’a sauté aux yeux qu’il y a quelques mois.
      Et depuis, j’ai changé d’association et de poste. Résultat: je suis bien plus épanouie ! 😀 (alors que ça faisait 3 ans que je dépérissais à mon ancien travail)

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