Simuler au lit : un passage obligé de la sexualité féminine ? (confessions d’une ex simulatrice)

Que celle qui n’a jamais simulé au lit, lance la première culotte !

Personne ?

En même temps, est-ce vraiment surprenant ? , tant j’ai l’impression que 99% de femmes, jambes écartées, se sont vues, au moins une nuit dans leur vie, confrontées à ce terrible dilemme : simuler (et abréger Ta souffrance) ou avouer la vérité au mec (et passer, ensuite, un moment inconfortable avec lui, en face à face, entre quatre yeux et deux organes génitaux).

Moi-même, avant de rencontrer Happy C (avec lui, instinctivement, je n’ai pas eu envie de tricher ; avec lui, j’ai eu envie d’être profondément sincère, tant il m’inspirait confiance), j’avais recours à la simulation à presque chaque rapport sexuel.

C’était même devenu pour moi la seule façon de concevoir un rapport sexuel harmonieux (entendez par là : un rapport sexuel qui ne débouchera pas après coup sur une bouderie du mec, ni sur une conversation longue et douloureuse, en mode : « Pourquoi t’as pas joui ? », ni encore sur un silence lourd du mec qui, remarquant que je n’avais pas pris de plaisir, n’aborderait pas le sujet, ferait semblant que tout avait été parfait, ce qui en retour, me décevrait et me ferait le considérer sous un jour infiniment plus négatif).

Je ne savais plus faire l’amour autrement qu’avec la simulation en bouquet final.

L’autre jour, je suis tombée sur un sondage de l’IFOP, datant de 2015 et qui expliquait que 49% des femmes Françaises, non seulement, avaient du mal à atteindre l’orgasme pendant un rapport sexuel, mais qu’également 31 % de femmes simulaient au pieu face à leurs partenaires actuels.

En 2011, la version américaine du magazine Cosmopolitan avait déjà dévoilé un sondage dans lequel 86 % des sondées disaient avoir déjà simulé l’orgasme, une fois dans leur vie.

Je me souviens qu’à l’époque, j’avais accueilli ce sondage avec un énorme soulagement ! Genre : « Oui, oui, ouiiiiiiiiii !!!! Je ne suis pas la seule à faire ce genre de trucs ! 86%, c’est une écrasante majorité ! Je ne suis pas anormale ! Je suis comme tout le monde !! Ouiiiiiiiiiiiii !!!! »

…Et, évidemment, j’ai conservé précieusement ce magazine, tant ce numéro spécial avait résonné en moi, à l’époque.

49% des sondées disaient que ça les embête de simuler, mais que, bah, elles ne savent pas quoi faire d’autre.

Raisonnement que je comprends aisément. Faut se représenter le truc : t’es là au pieu, un type fait ses éternels mouvements de va-et-vient tout en poussant toutes sortes de soupirs rauques, synonymes du moment intense en satisfaction qu’il vit. Bref, lui, il s’éclate. T’as pas d’autres choix que de jouer à celle-qui-est-au-100-ème ciel-tellement-l’extase-est-au-summum-au-point-qu’-à-côté-le-7ème-ciel-c’est-du-pipi-de-chat.

En fait, tu te retrouves dans la situation de quelqu’un qui est invité chez une personne – que t’aimes bien – pour un repas présenté comme allant être somptueux ! Tu sais que l’autre a passé toute sa journée à cuisiner pour ce dîner-là, tu sais que l’autre s’est appliqué à faire ce repas, tu sais que la motivation numéro 1 de l’autre, c’est de faire plaisir à tes p’tites papilles. Alors, une fois à table, même quand tu te rends compte, dès la première bouchée, que tout le repas va être une lente torture gastronomique, tu ne veux pas faire de peine à ton hôte qui s’est tellement démené en cuisine pour concocter ce repas – certes, foireux – par amour pour toi. Du coup, ben, tu fais semblant de te régaler. Et ça, ben, c’est exactement ce que font les personnes qui simulent au lit.

 

79% des sondées disaient qu’elles sont certaines que leurs partenaires ignorent qu’elles simulent.

D’après mon expérience, je dirais que tant que tu la joues « simulatrice discrète », effectivement, y a pas de raison que le mec se doute de quoi que ce soit.

Je me souviens qu’avec mon tout premier petit ami, F-G, constatant que je ne m’étais toujours pas envolée pour le nirvana, j’avais alors décidé de simuler ! Et donc, croyant bien faire, je me suis mise à pousser toutes sortes de cris.

Disons que ça s’apparentait à une sorte de fusion entre des hurlements d’actrice X et le chant lyrique d’une cantatrice d’opéra…

Je pensais être très convaincante. En tout cas, suffisamment pour être en lice pour l’Oscar de la meilleure actrice.

…Quand, soudain, j’ai été interrompue, dans ma prestation, par un : « Ho ! Du calme ! ».

C’était F-G, voix vexée, mine renfrognée et sourcils froncés. Là, j’ai compris que j’avais un chouïa exagéré vocalement.

Du coup, la fois suivante, je l’ai jouée muette, croyant toujours aussi naïvement lui faire plaisir.

Encore raté !

« Mais pourquoi tu ne fais aucun bruit ? J’ai l’impression de faire l’amour avec une fille dans le coma ! » a-t-il lancé.

Et c’est là que – eurêka ! – j’ai tout compris !

En fait, le secret pour être une bonne simulatrice, c’est de savoir bien doser les choses : il ne faut ni exploser les décibels, côté cris ; ni être complètement raide et taciturne au lit, façon poupée de cire, poupée sans son.

Résultat : pendant les 4 années qu’a duré notre turbulente histoire, le bonhomme n’y a vu que du feu !

Même qu’une fois, allongés sur le lit, on discutait sexe et il a dit avec beaucoup d’aplomb : « Moi, je sais quand tu vas bientôt jouir ! Tu fais comme ça : ». Et il s’est alors mis à mimer ce que je faisais au lit.

Un sourire a alors fleuri sur mes lèvres, je lui ai caressé la joue et j’ai dit : « Mon chéri, tu me connais tellement bien ! » Lui, d’un ton enjoué : « Attends, ça fait un bon bout de temps que nous sommes ensemble. C’est normal que je te connaisse par cœur ! ».

90% des sondées déclaraient n’avoir aucune intention d’avouer à leurs partenaires qu’elles simulent.

Ça se comprend !

Une fois que tu as simulé ( même si ce n’était qu’une seule et unique fois ! ), tu as franchi le point du non-retour sur l’autoroute de la confiance. Ouais, rien que ça !

Car, avouer à l’autre, que tu as simulé, lui fera automatiquement perdre confiance en toi ET en lui. Ce qui peut détruire votre relation (pas que sur le plan sexuel) à petit feu. L’autre associera la-simulation-au-lit à la-simulation-sur-tout, alors que, franchement, y a pas de raison de devenir parano ! (ben oui, c’est vrai, quoi !). Il se dira : «  Elle m’a fait croire qu’elle avait eu un orgasme : donc, elle m’a menti. Sur quoi d’autre m’a-t-elle menti ? Sur quoi d’autre va-t-elle me mentir ? ».

En fait, dès lors que tu as simulé une fois, c’est un peu comme si tu en avais pris pour perpet’. T’as mis le doigt dans un terriiiiiiiible engrenage ! (blague à part).

D’une part, parce que tu es poings et mains liés par rapport au fait que tu ne peux pas retourner en arrière et dire à l’autre : «  Ne le prends pas mal, mais…l’autre jour, au lit, je n’ai pas eu de plaisir. J’ai simulé… ».

Et d’autre part, parce que l’autre, ne sachant pas que t’as jamais/pas pris ton pied, va certainement continuer à faire des trucs qui ne te font pas grimper aux rideaux.

Un vrai cercle vicieux.

54% des sondées disaient simuler parce qu’elles voyaient bien qu’elles n’allaient pas jouir et qu’elles voulaient juste que le rapport sexuel se termine, que le partenaire en finisse.

Là aussi, c’est un argument largement compréhensible !

Avec un autre petit ami (j’ai nommé « Knacki Ball Boy »), au lit, ce n’était pas l’extase, non plus. Faut dire qu’il était malheureusement en surpoids (voire légèrement obèse). Résultat : il était très rapidement essoufflé. Et fatigué. Et il devait s’arrêter, pratiquement toutes les minutes, en pleine action pour pouvoir récupérer son souffle. Du coup, à ce faux-rythme-là, le rapport prenait un temps fou, vu que son érection s’envolait, qu’il fallait alors que je m’y colle pour re-durcir le truc 1 fois, 2 fois, 4 fois !! 

D’autant plus qu’alors qu’il n’était pas monté comme un âne, bizarrement, il avait le même caractère entêté !

Knacki Ball Boy pensait bêtement qu’il suffisait de varier les positions pour qu’il puisse jouir, lui. Parce qu’en plus, il avait de la peine à éjaculer.

Du coup, ça donnait : « Merde ! J’arrive pas à jouir ! Bon on change de position ! » et vlan ! on passait du missionnaire à la levrette.

Et 4 minutes plus tard : «  Ça marche pas ! On change ! »

Ta-daaaa ! on essayait la position de la cuillère.

Rebelote. «  Putain, ça m’énerve ! Bon ben…On va tester autre chose ! » Les ciseaux, tiens. À nouveau, échec et mat. Alors, avec un grognement, il voulait qu’on fasse une énième position. Debout contre le mur, par exemple. Des fois que le matelas serait maudit et serait responsable de la situation, hein !

Moi, bien sûr, à force de virevolter par-ci, par là, je n’avais qu’une envie : lui foutre des claques si violentes que sa tête ferait des gauche-droite, droite-gauche et se détacherait de son cou pour retomber lourdement sur le sol !!

Las ! Généralement, on finissait tous les deux, affalés sur le lit, étendus sur le dos, vaincus par la déception et la fatigue (c’est que ça fatigue aussi physiquement – et nerveusement ! – les rapports intenses sans orgasme.).

Mais, le pire, c’était que Knacki Ball Boy était persuadé que, malgré tout, je prenais mon pied au pieu avec lui ! Pourtant, je ne simulais même pas avec lui ! ( enfin…pas au début).

Je veux dire : l’orgasme est censé arrivé après un temps, quand même. Comme quand tu fais monter une mayonnaise.

Plus clairement : tu n’as pas d’orgasme après seulement 2 ou 3 minutes de pénétration (même pour les filles vaginales), alors quel intérêt de simuler tôt ?????

On simule quand ça commence à faire un certain laps de temps. Un certain laps de temps où il est tacitement supposé que c’est logiquement le moment de jouir. C’est plus sensé.

Aussi, quelle ne fût pas ma stupéfaction quand trois rapports sexuels plus tard – et autant de déconvenues – il me prit la main et dit d’une voix sérieuse : « Il y a des phases où je n’arrive pas à éjaculer. Je crois que c’est parce que je suis très stressé, en ce moment, à cause du boulot, de ma mère, de mon avenir. Ce qui me console, c’est que toi, au moins, tu jouis. ». Ensuite, il m’a fait un gros bisou sur le front, puis sur la bouche.

Bon, il est vrai que je ne l’ai pas contredit. Comment aurais-je pu ? Visiblement, il était humilié dans son ego de mâle, parce que sa petite amie (c’est-à-dire moi) voyait qu’il avait non seulement des problèmes d’érection, mais aussi d’éjaculation. Je n’allais tout de même pas le blesser davantage en lui révélant qu’en plus, il se gourait et que non, avec lui, je ne jouissais pas.

Résultat : les fois suivantes, j’ai commencé à simuler et c’est vrai que la durée des rapports a largement diminué. Il bandait toujours aussi mou et éjaculait 1 fois sur 5, mais au moins, on était passé de 1h-1h30 de galères coïtales à seulement une demie-heure !

Au final, c’est ça, la simulation :

  • Un recours à la facilité 

  • Un acte de compassion pour épargner l’autre 

  • Un subterfuge pour paraître normale aux yeux du partenaire

  • Ou même une comédie que l’on joue à soi-même pour se duper, se sentir non-frigide l’espace de quelques minutes.

Et la vérité, c’est que oui, la simulation, c’est à double tranchant.

Ce texte vous a été concocté avec passion par Liberty Riveter.

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