Tomber amoureuse d’un pov’mec sexiste/misogyne 

A priori, il va de soi que le célibataire sexiste/misogyne est un repoussoir absolu.

Style : « M’enfin ! Comment peut-on être être attirée par un pov’mec de ce genre ?! »

Et pourtant… !

Moi-même qui vous parle, je suis déjà tombée folle amoureuse d’un mec (L.) complètement misogyne, qui crachait une phrase sexiste par minute.

(J’étais même tellement amoureuse que j’ai mis 2 ans et demi pour oublier le mec en question et enfin aller de l’avant…)

La honte !

Pourtant, j’avais déjà une conscience féministe à l’époque (même si je ne l’exprimais pas toujours publiquement).

Mais, alors, qu’est-ce qui s’est passé ? Comment cela a-t-il pu m’arriver ? Qu’est-ce que j’avais dans la tête ?

Comment une femme avec un cerveau qui fonctionne pourtant normalement peut-elle s’enticher d’un type misogyne/sexiste ?

1) D’abord : analysons la bête.

Les phrases-types du célibataire sexiste/misogyne (eh oui, c’est du vécu…!)

99% de ses paroles (d’une bêtise crasse, soit dit en passant) sont des attaques frontales et directes contre les femmes :

  • « Femme au volant, la mort au tournant. »

  • « C’est dingue comme les femmes aiment l’argent. »

  • « Les femmes sont des paniers percés. Essaie d’avoir un projet (construction d’une maison, achat d’une voiture) avec une femme à la maison, tout l’argent passe en shopping. »

  • « Elles se prennent trop pour des princesses. »

  • « Elles veulent des pensions alimentaires pour ne pas avoir à travailler. »

  • « Les femmes réclament l’égalité et pourtant, ce sont les hommes qui ont bâti tout ce qu’elles utilisent : maisons, voitures, routes. ».

Le célibataire misogyne/sexiste, c’est le spécialiste des défécations verbales, en fait.

Est-ce que ces paroles bêtes, vexantes, méchantes et injustes me déconcertaient ? Oui.

Bien sûr que j’étais souvent abasourdie, gênée.

Seulement, le voile de l’amour me couvrait les yeux et, résultat, j’étais prête à avaler des couleuvres. Et je le trouvais quand même intelligent (je sais : c’est fou).

2) Pourquoi je suis tombée amoureuse et pourquoi un pov’mec sexiste/misogyne peut parvenir à plaire aux femmes, malgré tout.

Réponse 1 : À cause du conditionnement psychologique :

Je percevais L. comme étant un homme en souffrance.

Or, la société patriarcale enseigne aux femmes, dès leur plus jeune âge, que c’est à elles qu’incombe la mission de prendre soin de tous les autres, sauf d’elles-mêmes.

À peine a-t-on appris à se tenir debout que déjà, nous sommes éduquées à endosser le rôle de gentilles petites infirmières.

À peine s’intéresse-t-on au jeu, enfant, que déjà nous sommes dirigées vers les jeux de poupées et de dînette, afin qu’il soit bien ancré dans nos têtes qu’il est obligatoire d’avoir la fibre maternelle.

Avec tout ça, comment voulez-vous que certaines femmes ne pensent pas qu’elles peuvent changer/réparer certains hommes, – même les plus affreux d’entre eux ?

Comment voulez-vous que, face à un homme vindicatif, elles n’éprouvent pas spontanément le besoin et l’envie de le consoler, de le guérir, de le soigner ?

 

Pour en revenir à mon cas, je me disais que pour avoir autant de rage envers les femmes, L. avait forcément dû aimer follement/ éperdument/ passionnément ses compagnes précédentes et que son amour sincère avait été déçu, bafoué – voire trahi par ces autres femmes. Je me disais qu’il avait été incompris. Je me disais qu’il s’était renfermé et était devenu aussi dur parce qu’il avait aimé, autrefois, avec un grand A.

Je voulais donc être celle qui ne serait pas comme « les autres filles ». Je voulais être celle qui ne lui ferait pas de mal, celle qui serait la gentille, celle qui le comprendrait et l’apprécierait à sa juste valeur.

Mais, par-dessus tout, je voulais être celle qu’il aimerait plus fort qu’il avait aimé les autres, parce que, moi, j’aurais prouvé que j’étais digne de confiance et surtout digne d’être aimée.

Pour moi, il était évident qu’il avait un gros potentiel d’Amour enfoui au plus profond de lui et que ces trésors d’Amour, il ne les offrirait qu’à la femme en qui il placerait sa très haute confiance. Et justement, moi, je voulais être celle qui allait décrocher ce jackpot romantique.

Je voulais être celle qui lui redonnerait confiance en la gente féminine.

C’est que c’est flatteur pour l’égo d’être celle qui sera meilleure que les autres, celle qui réussira à faire fendre l’armure à un homme qui se méfie des femmes et des sentiments amoureux.

 

Vous savez, c’est un peu comme l’histoire du Don Juan qui aligne les conquêtes : chacune veut être celle qui lui donnera envie de se caser définitivement.

Réponse 2 : À cause d’une mauvaise estime de soi :

 

En lisant la réponse 1, ce manque de confiance en soi apparaît en filigrane.

Tomber amoureuse d’un pov’mec misogyne/sexiste n’est pas anodin.

De même que ce n’est pas un hasard si on s’accroche à un mec pour lequel notre intuition nous souffle, pourtant, qu’il n’est pas le Prince charmant sur son cheval blanc.

 

Dans les deux cas, on présente malheureusement le symptôme d’une mauvaise estime de soi. Ce qui fait évidemment qu’on va vers les personnes qui ne nous méritent pas et nous feront du mal, plutôt que d’aller vers celles qui nous veulent du bien.

 

À l’époque, j’étais une femme qui se dépréciait énormément.

Et, rétrospectivement, je me rends bien compte que la vraie raison qui m’a poussé à m’accrocher à L., c’était le fait que je voyais bien qu’il était inaccessible.

Il est désormais clair comme de l’eau de roche que je le voulais uniquement pour me valoriser à mes propres yeux : « Si j’arrive à faire que ce mec m’aime, si j’arrive à le conquérir, ça veut dire que je ne suis pas si nulle que ça. J’aurai réussi à faire qu’un homme qui n’aimait personne avant moi, finisse par m’aimer, moi. »

 

On ne devrait jamais jamais jamais avoir besoin de qui que ce soit pour se sentir « validée ».

 

On ne devrait jamais jamais jamais éprouver le besoin qu’un type qui n’est pas fait pour nous, soit amoureux de nous pour qu’on puisse arriver à nous aimer, nous-mêmes.

 

Je ne pensais pas que j’étais digne d’être aimée.

Je pensais que je ne valais rien, que j’étais une merde.

Pas étonnant donc que j’ai été attirée…par de la merde.

 

Pourquoi, avec un pov’mec sexiste/mysogyne, vous allez déchanter lentement mais sûrement :

 

Parce que vous allez réaliser, petit à petit, qu’il y a une différence claire et nette entre « un homme blessé » et « un misogyne ».

Veuillez consulter le dictionnaire pour plus amples explications.

Non, plus sérieusement : un misogyne vous épuisera.

Vous aurez beau lui donner tous les gages d’amour éternel possibles, toutes les preuves de confiance imaginables : il continuera à être dur avec vous ; il persistera à se méfier de vous parce que…vous avez des ovaires, un utérus, une paire de seins : bref, parce que vous êtes une femme !

Ce n’est pas avec vous, personnellement, qu’il a un problème, mais, plutôt avec votre identité de femme, le fait que vous apparteniez à un sexe différent du sien. Et donc, même s’il ressent quelques sentiments amoureux pour vous, il vous le fait payer cher en étant désagréable, méchant, cassant… parce qu’il vous en veut.

Dans sa p’tite tête, ressentir de l’amour pour une femme est un acte de faiblesse impardonnable. Rapidement, vous devenez alors, à ses yeux, la redoutable tentatrice qui veut le mettre à genoux et qu’il faut absolument détruire pour préserver sa dignité de mâle.

 

Complètement bouffé par sa misogynie, il vous soupçonnera sans cesse, vous balancera des piques toujours plus empoisonnées, vous affublera des pires défauts, dressera de vous un portrait peu flatteur et peu ressemblant avec ce que vous êtes réellement. Et tout ça pourquoi ? Parce qu’il a absolument besoin de trouver une raison de se méfier de vous ET de ne surtout pas vous aimer !

Eh oui ! C’est ça, son obsession n°1, au pov’mec sexiste/misogyne : se protéger émotionnellement et se convaincre que son mépris des femmes est totalement justifié, allons !

Vous n’arriverez jamais à le convaincre de la sincérité de votre amour. Jamais, jamais, jamais, jamais.

 

Les risques à fricoter avec un tel type :

Votre estime de vous-même, déjà bien maigre à la base, s’effritera d’autant plus, puisque ce gougnafier ne saura rien faire d’autre que vous critiquer sans arrêt, distiller fréquemment des remarques assassines, être moqueur.

Il ira jusqu’à vous humilier, en privé comme en public.

Ajouté à cela qu’à vos propres yeux, votre image se dégrade à vitesse grand V…

Vous avez l’impression d’être une pauvre fille…une idiote….

Vous n’arrivez plus à vous respecter, parce que vous avez profondément honte d’être folle amoureuse d’un type qui vous traite aussi mal et qui parle aussi mal des femmes en général… honte d’en être réduite à quémander – sans succès – des miettes d’affection et de considération auprès d’un type qui vous rejette sans pitié.

 

Au final, qu’est-ce que je retiens de cette mésaventure, 8 ans après ?

1) De l’indulgence avec moi-même :

Oui, c’était une immense bêtise de m’être entichée d’un pov’ type complètement aux antipodes de mes valeurs.

Mais, sachez que je n’avais que 28 ans et demi.

OK, trêve de plaisanterie !

Je suis humaine. Je me trompe et je fais des mauvais choix, parfois. Le tout est d’en ressortir grandie, plus mature, plus forte, plus intelligente, plus perspicace, plus sensible et plus sereine.

2) Et aujourd’hui ?

  • Je suis en couple avec un homme bien qui m’aime et me soutiens dans la réalisation de mes projets, qui participe aux tâches ménagères sans rechigner et qui n’a pas de problèmes avec les femmes (un féministe qui s’ignore et hésite à se déclarer comme tel, alors qu’il en possède tous les attributs).

  • Et surtout : aujourd’hui, je m’aime et me respecte suffisamment pour ne pas tolérer la présence d’un type sexiste/misogyne dans mon entourage.

 

Ce texte vous a été concocté avec passion par Liberty Riveter.

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