Le top 4 des poncifs que les régimeuses en ont marre d’entendre !

C’est ballot !

Aujourd’hui, j’avais prévu de vous publier un article sur l’ambition et le succès.

Sauf que ce sera finalement pour ce samedi.

Pourquoi ?

Parce que ce soir ( mardi, 5 septembre, 22h01 au moment où j’écris ces lignes), j’ai concocté un délicieux banana bread aux cranberries, moelleux comme un doudou et aérien comme un nuage. Et…j’ai tout mangé ! Oui…Un gâteau entier…

(alors que j’avais prévu de le déguster demain matin au petit-dèj et même demain soir, au dîner).

A ma décharge, sachez que je n’avais rien mangé depuis 11 h du matin et qu’il était déjà 20h30 lorsque je suis enfin passée à table.

Je ne vais pas vous mentir : je ressens actuellement les douloureuses morsures de la culpabilité.

Alors, comme d’habitude, dans ce type de situation : demain, ce sera assiette sous haute surveillance diététique.

Et donc, demain toujours, si quelqu’un me propose un gâteau ou un plat trop riche, je déclencherai ma réponse standard : « Non merci : je surveille mon alimentation, en ce moment ». Façon subtile de dire « Je peux pas : j’ai régime ! ».

Dans un monde parfait, aussitôt que j’aurai prononcé ces mots, mes interlocutrices/teurs réagiraient ainsi : « Ok, no soucy. Si tu as besoin de soutien, tu sais où nous trouver. Allez, courage ! Tu vas y arriver ! Tu es la meilleure ! »

Mais, évoluant plutôt au sein de « Les Gens Chiants Land », je sais déjà qu’aussitôt que je ferai serrage de ceinture à la pause déj au boulot, j’aurais droit à la série des petits sermons à la noix et autres discours cucul la praline, le tout nappées à la sauce du politiquement correct.

Florilège des 4 poncifs que j’en ai marre d’entendre en tant que régimeuse :

Madame Sans Tabous_Régimeuse sport

Poncif n°1 : « Il faut s’accepter comme on est.»

Sans conteste le conseil le plus crétin, le plus inconscient et le plus insupportable que l’on puisse dire à une fille au régime.

C’est comme dire à une anorexique : « Il faut manger ! »

et à une personne souffrant d’hyperphagie : « Arrête de manger autant ! ».

Évidemment que les choses sont bien plus compliquées que ça !

Entamer un régime, c’est le symptôme d’une souffrance, d’un mal-être, d’une détestation de soi.

Ça veut dire :

  • Détester son reflet dans les vitres du métro ou du RER,
  • Esquiver son image dans le miroir, le matin quand on se brosse les dents  OU alors, se détailler méchamment, répertoriant méthodiquement chaque défaut physique.
  • Ça peut même aller jusqu’à ressentir du dégoût quand on prend sa douche, parce qu’alors on n ‘a pas d’autre choix que de toucher ce corps que l’on rejette.

Alors, non, décider d’entamer un régime n’est pas un acte à la légère.

Non, on ne fait pas un régime par caprice.

Oui, on fait un régime parce que c’est une façon de sauver sa peau (au propre comme au figuré).

Que les choses soient claires : le régime, c’est à chaque fois, l’opération de la dernière chance.

Le régime, c’est le geste d’une personne qui, après avoir essayé encore et encore et encore et en vain de s’aimer et d’accepter son corps, décide de tenter de le modifier pour, précisément, s’accepter enfin.

«  Il faut s’accepter comme on est » débitent les gens, persuadés d’avoir délivré une parole d’une grande tolérance et d’une intelligence rare.

Ils pensent avoir TOUT dit.

Comme s’il suffisait d’appuyer sur un bouton pour que – PAF ! – on s’aime comme on est.

La vérité, c’est que l’acceptation de ses défauts ET de son enveloppe corporelle, ça ne se décrète pas. C’est un très très très long processus, semé d’embûches, de chûtes, de rechutes, de moments de doute, d’étincelles d’espoir, de phase de motivation effrénée, de déceptions immenses. C’est un chemin dont on n’est même pas sûre d’en voir le bout, un jour.

Madame Sans Tabous_ Régimeuse décidée

Poncif n°2 : « Rôôô, mais t’es pas grosse ! T’as pas besoin de maigrir ! »

Le type de paroles censées agir comme un booster de moral.

Sympa, mais y’a un hic : les gens oublient systématiquement que lorsqu’on en vient à entamer un régime, c’est que l’on a, hélas, un manque de confiance en soi enraciné jusqu’à la moelle.

Résultat : on est prisonnière d’un cercle vicieux super malsain.

Démonstration : on manque de confiance en soi = on est persuadée d’être inférieur aux autres = on est très soucieuse du regard des autres = on est intimement persuadée que le regard, que les autres portent sur nous, est forcément négatif = du coup, même quand les gens nous gratifient de paroles bienveillantes, on n’arrive pas à y extraire de l’amour et à s’en servir comme d’un fortifiant pour nourrir son estime de soi.

La vérité, c’est que lorsqu’on est convaincue d’avoir un physique disgracieux, le monde entier pourra essayer de nous convaincre du contraire, on n’en croira pas un traître mot.

Tout simplement parce que le mal-être fabrique les êtres les plus bornés et les plus têtus qui soit.

Conclusion : la seule personne qui puisse réconcilier une femme au régime avec son corps, c’est elle-même.

Poncif n°3 : «  Non mais, faut arrêter avec cette dictature de la minceur ! »

Le mot «  régime » n’a jamais autant été un gros mot qu’à notre époque.

Résultat : dire «  Je fais un régime » vous colle aussitôt l’étiquette de « mouton », de « fille incapable de s’assumer telle qu’elle est », de « fille bien trop stupide pour s’affranchir des diktats de la société ».

Faire un régime serait un geste de faible, de ringarde et d’individu-incapable-de-revendiquer-sa-singularité -dans-ce- monde-malheureusement-uniformisé-à-cause-de-la-mondialisation.

Les concernées apprécieront.

Madame Sans Tabous_régimeuse motivée

Poncif n°4 : « Mais putaiiiiin, arrête tes conneries de régime ! C’est beau, une femme qui a des formes. »

Mouais…

Pourtant, quoiqu’on en dise, nous sommes encore et toujours à l’ère de la domination des « brindilles » et il est normal/ naturel/ humain que des filles hors-catégorie veulent rejoindre cette catégorie, justement.

D’où les régimes.

Réfléchissons un peu…

A une époque – pas si lointaine que ça, d’ailleurs -, l’automne et l’hiver constituaient les 2 saisons où il était possible de faire une pause dans cette fichue course à la minceur.

Or, désormais, les régimes, c’est 365 jours sur 365.

Y’a plus de saisons pour souffler, ma bonne dame !

Pour le constater, y’a qu’à se balader dans les rayons des magasins de vêtements : été comme hiver, vous trouverez des micro-shorts, des bermudas, des minijupes, des robes courtes, des pantalons moulants ( skinny, slim, etc).

Faut bien se rendre à l’évidence : aujourd’hui, on dévoile son corps autant en hiver qu’en été.

Dur dur pour celles qui complexent sur leurs cuisses, leurs fesses, leurs hanches, leurs ventres… et pour qui l’hiver était la saison préférée, la saison bienfaisante et reposante parce que, vestimentairement parlant, elles pouvaient se camoufler sous des couches de vêtements et se sentir à peu près mieux.

Le « C’est beau, une femme qui a des formes » sous-entend aussi un : « Reste comme t’es. Ne change rien. Continue à manger comme avant

Pourtant, aujourd’hui, on n’a jamais autant fait l’apologie du manger #healthy, #healthyfood, arrosage de photos instagram à l’appui.

Or, qui dit #healthy, #healthyfood sous-entend : portions sous surveillance, suppression des calories vides, restriction des graisses et des sucres, chasse au surplus alimentaire.

Elle est où, alors, la différence avec la démarche de la fille qui fait un régime ?

Ce texte vous a été concocté avec passion par Liberty Riveter.

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