35 ans ! La fin de la jeunesse, c’est maintenant !

En janvier 2017, LE choc…

35 ans !!!!!!!

Non mais, 35 ans…

35 ?!

C’est dingue !! Je ne réalise pas que j’ai 35 ans !! Ca me paraît surréaliste !

Un peu comme si l’on m’annonçait que j’étais devenue somnambule et que dans mon sommeil, j’étais allée braquer cette pauvre Kim Kardashian… !

Non, franchement, 35 ans, c’est pour les vieux ! Comme…je sais pas, moi…mes tantes ou mes parents. Ou, ma grand-mère, tiens ! Et moi…ben, moi…moi, je suis jeune !!

35 ans ! L’âge où la quarantaine vous pend au nez.

35 ans…L’âge où les désagréables changement physiques, que vous aviez déjà constaté ces 5 dernières années, creusent leurs sillons un peu plus chaque jour.

Fantôme

Fini, le teint frais au réveil ! Ciao la peau sans rides profondes ! Bye bye pour toujours, le grain de décolleté fin ! Mais surtout ADIEU la catégorie des jeunes ! Eh oui, à 30 ans, même si l’arrivée dans la trentaine ne se fait pas sans choc psychologique, au moins, on peut encore se consoler en se disant qu’on fait partie des fameux 15-30 ans ou 18-34 ans.

A 35 ans, on ne peut même plus être vexée quand quelqu’un nous appelle : « Madame ».

A 35 ans, ça devient idiot de dire : «  Je ne me vois pas comme une femme. Je me sens encore une fille. »

A 35 ans, ce n’est plus mignon d’être une femme-enfant.

Quand on a 30 ans – ou même 32 -, on se dit qu’on est encore loin de la quarantaine. On se dit qu’on a le temps…

Jusqu’à l’âge de 33 ans, quand j’étais en pleine déprime parce que ma vie professionnelle ne correspondait pas à ce que je souhaitais pour moi ; quand j’étais triste parce que les blogs et les feed instagram de certaines me rappelaient à quel point je n’avais pas la vie que je voulais ; quand j’avais l’impression que plein de gens avaient la chance de réussir alors que toutes les portes demeuraient désespérément closes pour moi, je me consolais systématiquement en me disant : « Bon…Ca pourrait être pire : j’aurais pu avoir 35 ans….Au fond, j’ai encore le temps d’accomplir mes rêves. Il faut juste que je continue d’y croire et de travailler dur. Le reste suivra. ».

Et voilà. Je n’ai même plus ça maintenant…

Nous voici en 2017.

Scan Ratée

J’ai 35 ans.

Je ne suis toujours pas devenue écrivain.

Je n’ai toujours pas été publiée.

Je ne tiens aucune chronique dans un webzine connu.

Je ne travaille toujours pas dans un magazine féminin.

Bref, c’est zéro sur toute la ligne.

Et je n’ai plus l’excuse de l’âge-butoir…

J’ai l’impression que parvenir à mes objectifs professionnels à 40 ans ne servirait à rien. Comme si cette réussite après laquelle je cours après depuis de nombreuses années sera venue trop tard. Comme si je n’aurais pas le temps d’en profiter pleinement, insouciamment, follement, intensément.

 

Au fond, même si aujourd’hui à 35 ans, j’ai l’impression d’être passée de l’autre côté, d’avoir été transférée du camp des jeunes vers un autre camp que je serais bien incapable de nommer, j’ai du mal à penser que je suis en train de vieillir.

C’est humain, je crois.

Je pense qu’à 35 ans, on se raccroche aux branches en se répétant que les gens de 45 ans, eux, sont vraiment vieux ( accent mis sur « vraiment ») parce que, eux, ils se rapprochent dangereusement de la cinquantaine.

Ensuite, à 45 ans, on se dira qu’en fait, ce sont les gens de 55 ans qui sont vraiment vieux.

Et puis, à 55 ans, les gens de 65 ans. 

A 65 ans, on songera qu’à notre époque, on est encore bien conservés et que les vrais vieux, c’est à partir de 75 ans.

Et ainsi de suite….

Scan Regrets

Au fond, personne ne se voit vieillir. Terry Pratchett a dit, une fois :  « Dans chaque vieux, il y a un jeune qui se demande ce qui s’est passé ». Et c’est tellement vrai !

J’en ai entendu, des gens de 58 ans, qui vont surnommer quelqu’un de 77 ans  : « Le vieux ». Et tu as envie de rétorquer à la personne : « T’as vu ton âge ?! Tu crois que t’es pas vieux, toi ?! ».

A 35 ans, les seuls gens qui nous trouvent jeunes sont ceux qui sont encore bien plus âgés que nous ( et qui, pour la plupart, rêveraient d’avoir notre âge).

Personnellement, je réalise surtout que le temps passe, lorsque je me rappelle l’âge de mes stars féminines préférées. Et là, je m’écrie intérieurement : «  QUOI ?!?! Beyoncé va sur ses 36 ans ?! No way !  Waouh, bientôt, elle aura 40 ans !». Et alors là, BOUM ! , je réalise que Beyoncé est née en 1981 et moi, en 1982. Et que si elle vieillit, moi aussi.

Ou alors, je tombe sur de récentes photos de musiciens sur lesquelles j’ai longtemps fantasmé. Exemple : Manu Chao.

Manu Chao va sur ses 56 ans !!!! Impossible ! Mon beau Manu qui me faisait mouiller ma culotte !!

D’ailleurs, en parlant des relations femmes-hommes, c’est pas pour me plaindre ni pour prétendre que la valeur d’une femme est proportionnelle à sa capacité à avoir son cul quotidiennement reluqué par les mecs, mais je constate qu’à la trentaine, l’on devient transparente pour les mecs de la vingtaine. Pour eux, on est vieilles !

En fait, plus tu vieillis, plus la quantité de mecs à qui tu vas plaire diminue. C’est mathématique.

D’où l’importance d’avoir conscience, très jeune, de baser sa vie sur autre chose que la jeunesse et l’apparence physique !

                                                                             Scan 35 ans

Je me surprends de plus en plus à voir des flashes, des souvenirs enfouis qui remontent par moments : des réminiscences de dessins animés dont je pensais avoir oublié l’existence, de camarades d’école primaire ; parfois, je vais regarder la télé et la journaliste culture évoquera un chanteur et passera un extrait d’un tube des années 2000 et, oh là là, je me souviens, je me revois à l’époque.

Rien que d’entendre le générique de Sex & The City, par exemple ! Pfffiou !

C’est normal, en fait : plus tu avances en âge, plus tu engranges de souvenirs, plus tu as de remontées de flashes.

A 35 ans, généralement, on s’assume plus, on s’accepte un peu plus comme on est ; on se connaît mieux aussi. On a enfin pigé qu’on n’aura jamais le pulpeux d’une Beyoncé, ni l’hyper minceur d’une Inna Modja. On comprend qu’on ne peut pas avoir le corps de quelqu’un d’autre, seulement viser la meilleure version de son propre corps et que c’est déjà très bien comme ça.

D’ailleurs, à 35 ans, t’as pas forcément envie de remonter le temps jusqu’à tes 25 ans. La vingtaine, c’est tellement la tranche d’âge où l’on est particulièrement odieux avec soi-même, où l’on se cherche.

En fait, dans un mode idéal, je souhaiterais rester éternellement bloquée à l’âge de la vingtaine…tout en ayant la maturité, la sagesse, l’indulgence que l’avancée en âge permet de développer, petit à petit.

 

1 mois plus tard, grosse surprise et prise de conscience…

Alors que je commençais juste à digérer mon nouvel âge je découvris, complètement par hasard, qu’un cheveu blanc s’était installé sur ma touffe.

Depuis combien de temps était-il sournoisement caché là, croîssant insidieusement ni vu ni connu j’t’-embrouille, jusqu’à atteindre cette longueur conséquente qui le rendait désormais visible à l’œil nu  ? Une semaine ? 2 ? Ou avait-il débarqué le matin même, pour fêter les 1 mois jour pour jour de mes 35 ans ? Je ne le saurai jamais.

Toujours est-il qu’à sa vue, j’ai d’abord cru être victime d’une hallucination. Ensuite, j’ai entendu un cri. Un cri qui semblait venir de quelqu’un qui se fait poignarder. J’en ai eu la chair de poule et je suis restée là, figée, sous le choc, me demandant d’où venait ce cri inhumain.

Tombe fleurie

Et puis, j’ai compris que c’était moi.

J’étais sous le choc.

Moi ?

Moi avoir cheveu blanc ????????????

J’ai appelé mon petit ami, qui était dans une autre pièce, à venir voir. Juste pour être sûre.

          • Regarde…C’est quoi, ça ? C’est un fil blanc dans mes cheveux ?

Il s’est approché de moi, a touché LE truc ; puis, prenant son temps comme lorsqu’on annonce une mauvaise nouvelle à un patient, il prononça :

          • C’est un cheveu blanc.

Bizarrement, jamais je n’avais envisagé, qu’un jour, je puisse avoir des cheveux blancs. Pourtant, de par ma nature angoissée, mon cerveau est toujours prem’s pour tourner les pires scénarios-catastrophe dans ma tête ( pendant des années et encore aujourd’hui, j’ai souvent craint d’être foudroyée par un cancer, d’être assassinée, de devenir veuve, orpheline). Mais jamais au grand jamais, l’hypothèse d’avoir, un jour, des cheveux blancs ne m’avait traversé la tête.

Je voyais bien des collègues avoir des cheveux blancs par ci par là. J’avais été témoin n°1 de la dépression dans laquelle avait sombré l’une de mes tantes après l’arrivée de cheveux blancs, à la quarantaine ; je me souviens bien de mon autre tante qui est addict à sa coloration et qui ne peut mettre le nez dehors si sa chevelure n’est pas d’un noir parfait.

35 ans

Autre exemple : mon chéri a la chevelure poivre et sel.

Il m’a raconté comment, au départ, vers l’âge de 28 ans, il avait arraché les 2-3 cheveux blancs qui avaient éclos sur son épaisse chevelure brune ; pas de chance, au bout de quelques mois, les 2-3 cheveux blancs avaient procréé et conquis l’ensemble de son crâne, le métamorphosant en jeune homme de 28 ans aux cheveux grisonnants. Comme pour le punir d’avoir voulu faire le malin…

Bref, je suis familière des cheveux blancs. Mais oui, au risque de me répéter, jamais, même pas une seconde, je n’étais représentée avoir, un jour, moi aussi, des cheveux blancs.

Dans une envie instinctive de me rassurer, mon chéri ajouta :

T’inquiète pas. Y’en a pas de deuxième.

Pourtant, déjà, je n’avais plus peur. Depuis quelques minutes, un sentiment indéfinissable m’enveloppait dans un cocon de tendresse, se diffusait avec douceur dans chaque veine, chaque artère, chaque cellule de mon corps, distillant des bouffées d’apaisement.

Je me sentais imprégnée par une brise de bien-être venue de je-ne-sais-où. Comme si j’étais ENFIN soulagée et que je me disais : « Plus besoin de paniquer par rapport au vieillissement, au fait de voir son corps changer. Ca y est, j’y suis ! ».

Fille zen

Depuis, je regarde ce cheveux blanc quand je stresse un peu trop, quand je me torture l’esprit, quand je suis dure avec moi.

Ce cheveu blanc me rappelle que le Temps passe. Que la Vie, il faut essayer de se la faciliter. Qu’il faut essayer de voir le Temps comme un ami et non un adversaire. Que mon corps est une maison dont il faut prendre soin. Qu’il faut être reconnaissante envers ce corps, justement, avec lequel je fais souvent preuve d’une monstrueuse ingratitude et qui, pourtant, sans rancune, continue à me porter année après année, à me supporter, à me préserver des microbes, à faire fi de mes critiques, à résister vaillamment aux régimes alimentaires les plus idiots et farfelus, à ne pas me trahir, à fonctionner bon an mal an, à m’accompagner dans les épreuves, à répondre présent dans les bons moments et les problèmes de santé. Ce corps qui tient bon quand je déraille mentalement.

Alors, une fois n’est pas coutume, voici une déclaration d’amour à ce corps qui est un modèle de tolérance et d’acceptation : MON CORPS, JE T’AIME ! ( et pardon pour toutes les fois où je t’ai dénigré et regardé méchamment…J’essaie de m’améliorer sur ce plan-là, promis !).

Et le meilleur pour la fin !

PS : Même pas 14 jours après avoir écrit cet article, ne voilà-t-il pas que je découvre un poil blanc au niveau du…pubis. Purée, je sens que ça va être une longue, très longue, très très loooooooongue série de hauts et de bas, cette histoire de vieillissement.         

                     Ce texte vous a été concocté avec passion par Liberty Riveter.

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